Hindouisme

L'hindouisme, ou Sanâtana-dharma – ????? ???? – de son nom sanscrit, est l'une des plus vieilles religions du monde toujours pratiquées.



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Définitions :

  • Religion comptant neuf-cent millions de fidèles, originaire d'Inde et présente en particulier dans ce sous-continent (source : fr.wiktionary)

L'hindouisme, ou Sanâtana-dharma – ????? ???? – de son nom sanscrit, est l'une des plus vieilles religions du monde toujours pratiquées[1]. Son origine remonte à la civilisation de l'Indus (Sindhou) [2], première manifestation de la culture indienne apparue aux environs du IIIe millénaire av. J. -C[2]. Avec d'avantage de 900 millions de fidèles, l'hindouisme est aujourd'hui la troisième religion la plus commune dans le monde (après le christianisme qui compte à peu près 2, 2 milliards de fidèles et l'islam 1, 35 milliard) [3].

La pratique hindouiste est issue d'une tradition orale particulièrement ancienne. La particularité de l'hindouisme est de n'avoir ni prophètes ni dogmes centraux[4] ; de plus, d'un point de vue de l'orthodoxie hindoue, il n'y a pas d'«hindous», pas plus que de «non-hindous»[5] : Il y a des êtres qui ont chacun leur svadharma, leur devoir propre, selon la catégorie d'êtres à laquelle ils appartiennent!. Cependant, les hindous croient en l'autorité des Vedas, qui, selon la Tradition, furent révélés par Brahmâ aux hommes, grâce à la «vision» des Rishis.

L'hindouisme se présente comme un ensemble de concepts philosophiques issus d'une tradition remontant à la protohistoire indienne. Cette religion a assimilé les croyances et les philosophies venues des nombreuses conquêtes et invasions qui se sont déroulées sur le sous-continent indien. En conséquence, l'hindouisme a énormément évolué au cours du temps, des cultes phalliques ou de déesses-mères, présent dans la religion harappienne, à sa forme triadique, en passant par le védisme aryen, polythéiste et aniconique, et le brahmanisme ; néanmoins, cette façon de segmenter l'histoire de l'hindouisme a ses limites (les sources historiques sont faibles), ainsi qu'à relativiser : d'ailleurs, les hindous ne l'acceptent pas, et voient leur religion comme un ensemble de croyances, de rites et de sagesses qui viennent d'un passé immémorial, – ensemble religieux tirant son unité par le fait que la première des valeurs – valeur suprême qui sous-tend l'ensemble des autres – doit être l'ahimsâ[6] ; il n'y a pas de civilisation hindoue si la première des valeurs de cette même civilisation ne demeure pas l'ahimsâ[7].

Au-delà du syncrétisme théologique, l'hindouisme, d'avant les invasions islamiques et le colonialisme européen qui soumirent l'Inde à leur autorité[8], était un vecteur pour l'ensemble des sciences : le droit, la politique, l'architecture, l'astrologie, la philosophie, la médecine, etc., comme d'autres savoirs qui avaient en commun le substrat religieux.

Étymologie

Hindū, ou hindou, est le nom persan désignant l'Indus, en premier lieu rencontré dans l'ancien persan, correspondant au mot védique sanskrit Sindhu, – l'Indus[9]. Le Rig Veda mentionne la terre des Indo-Aryens comme Sapta Sindhu (la terre des sept rivières du nord-ouest de l'Asie du Sud, l'un d'entre eux étant l'Indus). Cela correspond à Hapta Həndu dans l'Avesta (Vendidad ou Videvdad 1.18) - l'Ecriture sacrée du Zoroastrisme. Le terme était utilisé par les hommes vivant à l'ouest de l'Indus, pour nommer les peuples qui habitaient dans le sous-continent indien, à partir, ou au-delà, du «Sindhu»[10]. Dans l'Islam, le terme qu'on trouve dans les textes arabes - Al-Hind - se réfère aussi à la terre du peuple vivant sur le territoire de l'Inde moderne[11].

Le terme persan (persan ancien : Hindūk, en persan : Hindū) fit son entrée avec les invasions islamiques et officiellement avec le Sultanat de Delhi et apparaît en Inde du Sud et dans des textes Cachemiriens à partir du 1323 ap. J. -C., [12], puis, de plus en plus couramment, sous la colonisation britannique. En conséquence, le terme «hindou» ne vient pas des peuples «hindouistes» eux-mêmes, quoiqu'il ait fini par être adopté et assimilé par les «hindous». Depuis la fin du 18ème siècle le mot a été utilisé comme un terme général pour la majorité des traditions religieuses, spirituelles et philosophiques du sous-continent, mise à part les religions d'origine indienne différentes comme le sikhisme, le bouddhisme, ou le jaïnisme. Ainsi, selon ce point de vue, un hindou est celui qui respecte la philosophie exposée dans les Vedas (Le mot Veda peut être traduit par savoir), et accepte son autorité.

Le terme Hindou a été introduit dans le monde occidental par le biais de la langue anglaise [13]. En France, jusqu'au 19ème siècle, on utilisait le terme de brachmanisme, ou de «religion des brachmanes»[14].

L'hindouisme ou sanâtana dharma («ordre socio-cosmique éternel») s'apparente davantage à un substrat culturel, un mode de vie ou de pensée, qu'à une religion organisée. Ce qu'on nomme «hindouisme» actuellement est la tentative de rassembler les croyances disparates issues de l'ancien panthéon védique éclipsé par la popularité de Shiva, de Vishnou ou de Krishna[15].

L'hindouisme est aussi nommé religion aryenne (Arya Dharma), ce qui veut dire religion noble. On trouve aussi le terme de Vaidika Dharma (la religion védique).

Définition de l'hindouisme par la cour suprême de l'Inde

En 1966, la cour suprême de l'Inde a défini le cadre de la foi hindoue[16] comme suit :

  1. l'acceptation respectueuse des Vedas comme plus Haute Autorité sur les sujets religieux et philosophiques et l'acceptation respectueuse des Vedas par les penseurs et philosophes hindous comme base unique de la philosophie hindoue,
  2. l'esprit de tolérance et de bonne volonté pour comprendre et apprécier le point de vue de l'adversaire, basé sur la révélation que la vérité comporte plusieurs apparences,
  3. l'acceptation des six dispositifs de philosophie hindoue et d'un rythme du monde qui connaît des périodes de création, de conservation et de destruction, périodes, ou yuga, se succédant sans fin,
  4. l'acceptation de la croyance dans la renaissance et la pré-existence des êtres,
  5. la reconnaissance du fait que les moyens ou les manières d'accéder au salut (moksha) sont multiples,
  6. le fait que, malgré le nombre des divinités à adorer, on peut être hindou et ne pas croire qu'il faille adorer des idoles,
  7. à la différence d'autres religions, ou croyances, la religion hindoue n'est pas liée à un ensemble défini de concepts philosophiques.

Histoire de l'hindouisme

À l'âge du bronze, la civilisation de la vallée de l'Indus présente les premiers éléments de ce qu'on nomme actuellement l'hindouisme, tel que les bains, les symboles phalliques identiques au Shiva lingam mais aussi des Svastika[17].

Un sceau découvert à Mohenjo-daro, un site archéologique, est reconnu comme une des premières représentation de Shiva[18]

Durant la période védique, à l'âge de fer, les quatre Védas, qui forment les textes fondateurs de l'hindouisme, ont été composés entre 1500 et 800 avant J. -C. Plusieurs divinités du Rig-Veda ont été ensuite reprises ou révisées par l'hindouisme.

De 1000 à 600 avant J. -C, la portions concernant les mantras est complétée et le brahmanisme est florissant. Mais des textes comme le Shatapatha Brahmana viennent s'attaquer au ritualisme rigide ainsi qu'à l'élitisme de cette époque pour faciliter l'approche mystique. C'est aussi à cette époque où apparaît le Bouddha.

Au Moyen-âge, l'hindouisme, par le bais du théisme, retrouve un nouvel essor. L'hindouisme qu'on connaît actuellement est essentiellement issu de ce nouveau courant qui a profité du déclin du bouddhisme des IVe siècle et Ve siècle.

Au XXe siècle, l'hindouisme s'est répandu hors de l'Inde et surtout en occident. Vivekananda fit une première présentation en 1893 au parlement mondial des religions à Chicago.

Les écritures sacrées

Les écritures sacrées de l'Inde antique se classent grossièrement en trois catégories.

La Śruti : Les Védas

Passage en sanskrit du Rig-Veda

On s'accorde à penser que les Védas sont les textes religieux les plus anciens au monde. Les Védas sont reconnus comme Shrouti (révélés) par les hindous. On dit qu'ils sont révélés par le Brahman aux sages/scombres (rishis), tandis que ces derniers étaient en méditation profonde. Les idées exprimées dans les Védas ont été, dans un premier temps, transmises oralement de père en fils et de professeur à disciple. Par la suite, ces idées, qui circulaient depuis longtemps, auraient été codifiées et compilées par un sage nommé Vyaça (littéralement, le compilateur, quoique le nom puisse avoir désigné un groupe de personnes personnifiées pour les besoins de la tradition). Sur la base d'indices internes et externes, les chercheurs ont avancé diverses dates pour l'origine du Véda, s'étendant approximativement de 5000 av. J. -C. à 1500 av. J. -C. [19].

Dans la vision hindoue respectant les traditions, les Védas seraient non personnels et sans commencement ni fin, ce qui veut dire que les vérités décrites dans les Védas sont éternelles et qu'elles ne sont pas des créations de l'esprit humain, ce en quoi elles changent des enseignements du bouddhisme et du jainisme.

Il y a quatre Védas : le Rig-Veda, le Yajur-Veda, le Sama-Veda et l'Atharva-Veda plus tardif. Le Rig-Veda contient des mantras pour invoquer les devas pour les rites de feu-sacrifice ; le Sama-Veda, c'est le cantique, avec des notations musicales ; le Yajur-Veda a des véritables instructions pour les sacrifices ; et le Atharva-Veda comprend des charmes philosophiques et demi-magiques (sic) — des charmes contre les ennemis, les sorciers, les maladies et les erreurs au cours du rite sacrifiant. Chacun est divisé en quatre sections :

Les Vedas sont constitués de textes mystiques et d'allégories. Énormément d'écoles comme celles issues de l'Advaita vedanta encouragent leurs élèves à interpréter les Veda philosophiquement et métaphoriquement, mais pas trop littéralement. Le son des mantras védiques (et du sanscrit lui-même) est reconnu comme «purifiant» par énormément d'hindous, cela implique la rigueur dans la prononciation. La tradition orale rigoureuse de transmission des Vedas a permis qu'il soit préservé dans le temps.

La religion védique, qu'on pense issue de l'invasion aryenne, surtout dans sa période archaïque, était différente de l'hindouisme actuel par de nombreux aspects : surtout la référence aux femmes comme autorité religieuse (avec existence de femmes rishis), (sanskrit, rsi : sage) ; le védisme était aniconique (l'idolâtrie était par contre une pratique des autochtones, les dravidiens, pratiquant la zoolâtrie, le culte des arbres et des fleuves — voir à religion harappienne, Gange et vache sacrée) ; et un panthéon nettement différent, avec Indra comme «roi des dieux», et de rares mentions de la trinité postérieure de Brahmâ, Vishnou et Shiva (qui sont , ensuite, devenu les dieux principaux) ). Les Aryens ont exécuté des feux-sacrifices nommés yajña, avec le chant des mantras védiques, mais ils ne construisaient pas de temples, d'idoles ou d'icônes (— toujours une fois : contrairement aux autochtones dravidiens). Les animaux ont certainement été aussi sacrifiés dans quelques plus grands yajñas, comme dénoncés par les textes bouddhistes et jain.

La Smriti : Les écritures hindoues post-védiques

Passage du Mahâbhârata

Les Vedas sont désignés sous le nom de Shruti (ce qui est révélé). Les livres plus récents sont nommés Smriti (ce qui est rappelé ou mémoire/tradition). Alors que la littérature shruti est rédigée en sanskrit védique, les textes smriti sont en sanskrit classique (plus facile), et pour certains, en prâkrit, ou langue commune. Puisqu'accessible à tous, la littérature smriti a connu une grande popularité dans l'ensemble des couches de la société indienne, et ce dès le début. Actuellement même, la plus grande partie du monde hindou est plus familière avec le smriti qu'avec la littérature shruti réservée (tardivement) à la caste dominante des brahmanes. La smriti correspond ainsi à la littérature populaire, et , comme telle, elle est théoriquement moins ardue que la shruti (la shruti remontant à l'aube de l'Inde c'est-à-dire à l'époque védique, est actuellement, du fait de son langage et son vocabulaire, sujet à interprétation). La smriti (collection de 36 textes selon Paithina) est le pendant populaire de la shruti, à travers l'histoire des Dieux et des héros, elle instruit sur la pensée indienne. Les écritures révélées ou Shrutis font autorité sur les écritures mythologiques ou Smritis et cela indépendamment du sujet traité. La majorités des ouvrages de la Smirti font références aux écritures sacrés des Vedas; leur but est de décoder les messages ancestraux et de les enseigner à la population. Cette seconde littérature n'est pas pour tout autant de moindre valeur, elle est au contraire particulièrement riche et offre des dialogues philosophiques particulièrement poussés.

La littérature smriti inclut :

La philosophie hindoue décrite dans les épopées et les Puranas est centrée en premier lieu sur celle de la doctrine de l'avatar (incarnation, partielle ou totale, d'un dieu en être d'humain). Les deux avatars principaux de Vishnou qui apparaissent dans les épopées sont Râma, le héros du Râmâyana, et Krishna, le protagoniste majeur du Mahâbhârata. À la différence des devas de la Samhitâ védique et du concept abstrait de Brahman issu des Upanishads (qui décrivent le divin comme étant omniprésent, impersonnel et sans forme), les avatars de ces épopées sont des intermédiaires humains entre l'être suprême et les mortels qui offrent une idées du divin plus moderne et accessible. Dieu y est décrit comme personnel et proche de sa création (dans le Bhagavata Purana, Krishna est un pâtre, sa création son troupeau).

Cette doctrine a eu un grand impact sur la vie religieuse hindoue, parce qu'elle montre que Dieu s'est manifesté sous une forme qui pourrait être appréciée même par le plus modeste des hommes. Râma et Krishna sont depuis des milliers d'années des manifestations du divin, aimées et adorées des hindous. Le concept du brahman des Upanishad est assurément le pinacle de la pensée religieuse indienne, mais le concept des avatars a sans doute eu plus d'influence sur l'hindou moyen. Les hindous attachent plus d'importance à l'éthique ainsi qu'aux sens métaphoriques transmis par ces textes, qu'à la mythologie littérale.

Cosmogonie et divinités

La cosmogonie hindoue enseigne que le principe de toute vie, de tout progrès, de toute énergie, réside dans les différences, les contrastes[20].

La cosmogonie hindoue est la théorie hindouiste de la création de l'univers et de son image. Celle-ci est caractérisée par un recours constant au chiffre 7[21].

Le monde a été créé en forme d'œuf (l'«œuf de Brahmâ»). La moitié supérieure de l'œuf cosmique se divise en sept zones : les trois premières, terre, air et ciel, forment ensemble le triloka («trois mondes») et sont surmontées par quatre régions célestes constituant la demeure des dieux[21].
La moitié inférieure de l'œuf cosmique comprend sept régions infernales (patala), qui forment des étages et sont habitées par des démons et des serpents[21].
Au-dessous de l'œuf cosmique se trouve l'Océan primitif, constitué par sept autres zones infernales[21].
La Terre est divisée en sept continents entourés de sept mers[21].

Le Brahman

Le Dieu des Védas, dans l'acception panthéiste ou alors panenthéiste du terme, est le Brahman[22] (prononcé comme /brəh mən/), qui est la Réalité Ultime, l'Âme Absolue ou Universelle (Paramatman), l'Un[23].

«Tu es la femme. Tu es l'homme. Tu es l'abeille bleue et le vert papillon aux yeux rouges. L'éclair est ton fils. Tu es les saisons et les mers. Tu es le Tout, tu es l'omniprésent ; tout ce qui est naît de toi.»
    — Oupanishad[2].

Le Brahman est l'indescriptible, le neutre, l'inépuisable, l'omniscient, l'omniprésent, l'original, l'existence illimitée, l'Absolu transcendant et immanent (voir panenthéisme), l'éternel, l'Être, et le principe ultime qui est sans commencement et sans fin, – dans l'univers entier[23]. Le Brahman (qui ne doit pas être confondu avec la divinité Brahmâ ou le nom des prêtres hindous, les brâhmanes) est vu comme l'Âme Cosmique[23].

Cet Absolu, que les hindous sert à désigner aussi par le nom de tat en sanscrit («Cela») est par sa nature même impossible à représenter[23]. L'Absolu est tantôt manifesté : Tat Vam Açi (????????? : Tu es Cela), ou «Tout cela est Brahman» disent les Ecritures[23], tantôt non-manifesté : «le Brahman est Vérité, le monde est Illusion», disent aussi les Ecritures[23].

«Il se meut et il ne se meut pas, il est loin et il est proche. Il est au dedans de tout et il est au dehors de tout.»
    — Iça Oupanishad[24].

Il est quelquefois évoqué un Brahman supérieur, le Parabrahman[23]. Le Brahman peut en effet être reconnu sans attributs personnels, sans forme (Nirgouna Brahman), d'une façon complètement abstraite, ou avec attributs, avec forme, au travers de la grande variété des divinités (Sagouna Brahman) [23].

Trimūrti

Icône de détail Article détaillé : Trimoûrti.
Trimūrti : Brahmâ, Vishnou et Shiva.

La nature du Brahman ne l'empêche pas de se manifester sous la forme d'un dieu personnel[23]. L'hindouisme, selon les courants religieux, donne diversesappellations au dieu personnel. Un nom général existe cependant, celui d'Ishvara (litt., «le Seigneur Suprême»), terme en particulier philosophique, car, dans la pratique du culte et de la vie quotidienne, on ne s'adresse guère qu'à l'un des membres de la Trimourtî : (Shiva et Vishnou, et , plus rarement, Brahmâ (puisque ce dernier en créant les créatures vivantes génère le samsara, le cycle des réincarnations qu'on doit abandonner, «opposé» à Moksha, la libération) [23].

Les dieux personnels majeurs sont ceux de la Trimūrti. Ce sont Brahmâ, Vishnou et Shiva, qui correspondent respectivement à l'action créatrice, conservatrice et destructrice de l'Absolu transcendant (Brahman) [23]. Ils représentent trois aspects inséparables de la structure de l'univers[23].

Dans les manifestations personnelles (divinités) du dieu impersonnel (Brahman), l'hindouisme est une religion polythéiste[23][25] ; à ce titre, cette religion comporte une variété et une diversité (le chiffre est quelquefois reconnu symbolique[26]) de 330 millions de divinités.

«Si dans la Grande variété nous poursuivons avec insistance l'Un, c'est pour revenir avec la bénédiction et la révélation de l'Un se confirmant dans le Multiple.»
    — Shrî Aurobindo[27].

L'hindou peut vénérer le Brahman sous la forme d'une divinité de son choix, sans pour tout autant rejeter l'existence d'autres divinités, considérant Ganesh, par exemple, comme l'incarnation suprême du Brahman (cet hindou sera un ganapatya, et shivaïte)  : dans ce cas, l'hindouisme est un hénothéisme. Néanmoins, selon cet aphorisme du Brahmanoûtchîntamam :

«Celui qui adore un Dieu comme différent de lui, en pensant : " il est un autre. Je suis un autre", cet homme ne connait pas le Brahman : il est pareil à un animal pour les Dieux[28]

Il n'y a pas dans l'hindouisme de conflit entre polythéisme et monothéisme : la religion, la philosophie et les théories qui les accompagnent ne sont que des chemins qui tentent de décrire le (Brahman) au-delà duquel il n'y a plus rien, et la manière de se fondre en lui.

Depuis Dumézil qui à mis en lumière la fonction triadique dans les civilisation Indo-Européenne, un parallèle formel entre la trimurti et la trinité chrétienne peut être établi (ce qui n'induit pas un rapprochement théologique entre les traditions chrétiennes et hindoues)  : en effet, en Inde, on représente la divinité comme triple, on nomme ce principe la trimurti dans le panthéon hindou : Brahma, Vishnu et Shiva, sont trois aspects du divin. Brahma sert à désigner symboliquement le créateur, Vishnu représente le conservateur et Shiva représente le destructeur dans le cycle de l'existence. Cette triple Nature se rapprocherait de l'énoncé du Moyen-Âge (??) européen : spiritus, anima, corpus[29].

Icône de détail Article détaillé : Triades indo-européennes.

L'hindouisme est une religion dont les différentes divinités sont , actuellement, reconnues comme les formes différentes d'une même expression divine sous-tendue par une réalité ultime. La question, sur la nature exacte de cette dernière (immanente ou transcendante, personnelle ou impersonnelle) dépend des différents courants. Selon Ananda Coomaraswamy, le culte des puissances de la nature dans l'hindouisme doit être compris dans le sens de "natura naturans est deus", «lesdites puissances ne sont que les noms des actes divins»[30]. Depuis la Chandogya Upanishad[31], cette philosophie de l'unité divine est devenue particulièrement importante dans la littérature sacrée. Le mantra Tat Vam Asi (????????? : Tu es Cela) célèbre cette unité de la création avec son créateur, qu'il soit personnel ou impersonnel. Cette complexité de l'Hindouisme ne transparaît que assez dans la pratique populaire, le peuple étant tenu à l'écart des ouvrages sacrés toujours réservés à l'élite cultivée. Un épisode du Srimad BhagavatamUNIQ28a03a055a8c09fd-nowiki-0000013A-QINU32UNIQ28a03a055a8c09fd-nowiki-0000013B-QINU met en avant cette réalité : le dieu Krishna, avatar de Vishnu, demande aux habitants de Vrindavan d'abandonner le culte d'Indra au sien, puisque Krishna se présente comme le Dieu suprême dont Indra n'est qu'un fragment.

Divinités majeures et mineures

Les diverses incarnations (avatar) de la Trimurti (Krishna est un avatar de Vishnou) sont des divinités majeures. Les divinités mineures sont des créations ou des procréations des divinités mineures. Ganesh, qui est une divinité importante dans l'hindouisme, est lié à Shiva comme procréation ou création selon les mythes développés à son sujet.

Les dévas

Statue de la divinité Lajjagauri ; on l'appelle Lajjagauri («déesse timide»), à cause de son visage en forme de fleur, qui symbolise l'impersonnalité, [33] (ou l'immanence). Le corps féminin : la Nature, et les cuisses écartées : soit l'enfantement réalisée du Monde phénoménal (les femmes indiennes accouchent accroupies), soit la possibilité de fertiliser une Nature domestiquée (déesse agraire).

La religion hindoue croit en l'existence d'entités célestes nommées devas (ou dévas). Le féminin de deva est devî (ou dévî). La question de la nature de ces devas peut être analysée selon ces trois points :

  1. Selon la philosophie de l'Advaita Vedânta, et certains passages de la Bhagavad-Gîtâ[34], des Upanishads et des Vedas ; l'ensemble des devas sont les manifestations sous une forme mondaine du Seigneur suprême (Îshvara). Le dévot conçoit des formes anthropomorphiques de Dieu dans son esprit pour l'adorer. Le Rig-Veda dit : ekam sat vipra bahudha vadanti — «Le Vrai Dieu est Un, quoique les sages s'adressent à lui par des noms multiples». Ce point de vue est celui que considère strictement la secte de Smarta.
  2. Selon les philosophies du Nyâya, du Vaishéshika, du yoga, de certains vers de la Shruti et de certaines pensées Shivaites et Vaishnavites; les devas sont ces êtres célestes subordonnés au Seigneur suprême (Îshvara), mais sont au-dessus des humains.
  3. Selon la philosophie de la Mimâmsâ, l'ensemble des devas et devîs sont les souverains des forces de la nature et Îshvara n'existe pas. Pour faire en sorte qu'un désir soit réalisé, les humains doivent plaire à un ou plusieurs de ces devas et doivent les adorer avec des rites rigoureusement codifiés.

Les textes védiques les plus anciens recensent 33 devas. Par la suite, des chiffres exponentiels (jusqu'à 330 millions) ont été créés, mais toujours en gardant à l'esprit que le Brahman est omniprésent[35]. Plus exactement, les écritures hindoues et la majorité des pensées Shaivites et Vaishnavites considèrent le deva comme une combinaison de deux premiers points de vue ; par exemple, Krishna est reconnu comme Îshvara et l'ensemble des dieux lui sont subordonnés, et simultanément, l'ensemble des autres dieux sont vus comme les manifestations mondaines de Krishna. Mais la troisième conception n'est pas mentionnée dans les écritures.

Quelle que soit la nature des devas (aussi nommé dévatâs), ils sont une partie intégrante de la culture hindoue. Les 33 devas védiques incluent Indra, Agni, Soma, Varuna, Mitra, Rudra, Prajâpati, Vishnu, Aryaman et les Ashvins ; les devîs importantes étaient Sarasvatî, Ûshâ et Prithivi. Indra est le roi des dieux (Vishnou, pour un vishnouite, est le Dieu des dieux).

Bien que la mythologie hindoue mentionne plusieurs classes d'êtres démoniaques (les rakshasas, les daityas, les dânavas, les pishâchas ou les non-dieux, les asuras), opposés aux esprits célestes (appelés devas), Gandarvas, Vidyadharas, elle ne croit pas au concept du Mal. «Les oppositions, dualités, polarités, sur lesquelles insiste tant l'hindouisme, ne sont pas constituées par des entités indépendantes, fixes, aux caractère immuables et contradictoires telles que le christianisme populaire se représente Dieu et le Diable[36] Cela veut dire que le mal dans le monde n'est pas attribué à une force supérieure mais à l'ignorance humaine et par conséquent comme une conséquence envisageable du libre arbitre[37] et de la Nature. La mythologie indienne n'oppose pas le Bien contre le Mal : les batailles sont celles de classes d'êtres contre d'autres, d'une idée contre une autre, où les plus nobles sortent victorieuses.

On trouve parmi les dévas, les Lopakalas (les divinités du védisme recyclée dans le panthéon du sanatana dharma), les navagrahas (les neuf planètes de l'astrologie indienne).

La syllabe mystique OM

Icône de détail Article détaillé : Om̐.
L'Omkara (ou Aum)

Om (ou Aum) est un des symboles sacrés de l'hindouisme. C'est le son essentiel qui surgit du chaos avant la Création, il est la source de l'existence. Il est utilisé comme préfixe et quelquefois suffixe aux mantras ainsi qu'à toute prière hindoue. Il représente la contraction des trois états de la matière : Sattva, Tamas et Raja et représente l'univers.

Écrit «Om», il est la contraction de Aum, «m» étant la résonance et «o», la vibration originale[38].

Ôm en langue tamoule

Le son Ôm (ou Aum, ?) est empli d'un message symbolique profond : il est reconnu comme la vibration primitive divine de l'Univers qui représente toute existence, entourant toute nature dans Une Vérité Ultime[2].

Ainsi, le son, produit d'une façon prolongée, résultat de la combinaison de trois sons A-U-M (de la triade à l'unité), veut dire «ce qui a été, est et sera», et possède, pour ceux qui se vouent à la méditation, une force à la fois magique et religieuse[2]. Un Oupanishad affirme :

«Comme s'agglomèrent l'ensemble des feuilles enfilées sur une tige qui les traverse, de même toute parole se fond dans le son OM. Le son OM est tout cet univers[2]

Écoles et courants

Des élaborations philosophiques, constituant la source de ce qu'on nomme actuellement «hindouisme», ont été transmises oralement pendant des siècles et ont commencé à être transcrites dans la première moitié du Ier millénaire av. J. -C. Le dispositif religieux et culturel qu'on nomme hindouisme s'est développé dans le sous-continent indien et n'est que rarement sorti de ses frontières[39].

Les six grands dispositifs philosophico-théologiques

Icône de détail Article détaillé : philosophie indienne.

L'hindouisme a développé des astika antiques, ou écoles orthodoxes (car acceptant l'autorité des Vedas) de philosophie, ou shadarshana. Ces dispositifs, ou «visions» (darshana), de l'hindouisme classique sont au nombre de six ; chacun d'entre eux est le fruit d'une longue élaboration dont témoigne une vaste littérature[39] :

  1. Sâmkhya, l'un des plus anciens est le dispositif de pensée fondé sur un dualisme entre l'esprit (Purusha) et la nature (Prakriti), qui fut à l'origine détaché des spéculations théologiques.
  2. Purva-Mimamsa (aussi nommé Karma Mimansa ou la Mîmâmsâ), dispositif tourné autour de l'éclaircissement du Veda.
  3. Uttara Mimamsa — nommé plus couramment l'Advaita Vedânta —, dispositif centré sur la métaphysique et la nature mystique des Upanishads.
  4. Yoga, un dispositif basé sur une pratique personnelle (posturale, respiratoire et méditative) pour atteindre la libération, la délivrance (?????, mokṣa).
  5. Vaisheshika, le dispositif qui a proposé la théorie atomique pour la première fois,
  6. Nyâya, le dispositif de la logique de l'Inde (les 16 critères de «raisonnement valide»), et dernier des courants philosophiques hindous.

Les nâstika ou écoles non-orthodoxes — qui ne sont pas discutées dans cet article — sont le jaïnisme, le bouddhisme et le chârvâka, l'athéisme ancien classique de l'Inde qui réfute l'existence de l'âme ou âtman.

Les écoles et courants théistes

La Devi Sarasvati. C'est la déesse de la connaissance, des arts et des sciences. Son véhicule peut être aussi le cygne ou le paon.

Certains courants considèrent l'hindouisme comme une religion hénothéiste ou même panenthéiste. Les diverses divinités et avatars adorés par les hindous sont reconnus comme différentes formes de l'Un, le dieu suprême, ou Brahman, formes adoptées qui seules sont accessibles à l'homme (on prendra garde à ne pas confondre Brahman, l'être suprême et la source ultime de toute énergie divine, et Brahma, le créateur du monde).

Ce chemin vers la connaissance suprême orthodoxe (inanamarga), prôné par les six écoles hindouistes, reste le privilège d'une élite intellectuelle restreinte, le croyant populaire mélangeant fréquemment tous ces courants de pensée. Cependant, trois grands courants théistes de l'hindouisme se démarquent de façon assez importante dans l'ensemble des couches de la population : le vishnouisme, le shivaïsme et le shaktisme[39]. Au sein de ces courants, de nombreuses écoles se sont développées, qui se différencient en particulier par leur interprétation des rapports existant entre Être suprême, conscience individuelle et monde, mais aussi des conceptions ésotériques qui en dérivent[39]. Les textes védiques (Vedas, Upanishads, etc. ) forment une référence pour les trois courants, même si chacun d'entre eux les complète par les rédigés (Purana-s, Gita-s, etc. ) qui leur sont propres[39]. Ces rédigés ne s'excluent pas, car l'hindouisme admet la cœxistence de voies différentes vers le salut (Moksha) [39]. Ainsi le choix d'un courant n'implique pas le rejet des autres[39].

Le brahmanisme, qui est la nouvelle forme de la religion védique (voir védisme), se divise en branches, elles-mêmes subdivisées en sectes :

  1. Le vishnouisme ou vaishnava qui se rapporte au culte de Dieu comme Vishnu ou l'un de ses avatars. Les Livres sacrés sont le Bhâgavata Purâna - fréquemment nommé Shrîmad-bhâgavatam - et la Bhagavad-Gîtâ.
  2. Le shivaïsme ou shaivisme qui se rapporte au culte de Shiva dont la Légende est rapportée dans le Shiva Purâna[40]. La divinité Rudra des Vedas s'identifie avec Shiva.
  3. Le shaktisme, se subdivise en deux ou trois branches selon les classifications et se rapporte à la réalisation de shakti, l'aspect «acte de prise de conscience» fréquemment associé à une forme de Devî, la déesse mère (comme Kâlî, Durga, etc. - le shaktisme est lié au tantrisme : l'un et l'autre forment, d'une certaine manière, le développement extrême de l'hindouisme[39]).

Chacun de ces cultes se pratique avec les mêmes moyens philosophiques ou de yoga, ce sont leurs méthodes qui changent. Ces appellations ne devraient pas être reconnues comme des «Églises», parce qu'il n'y a aucun dogme central dans l'hindouisme, et les croyances individuelles sont toujours respectées. D'ailleurs, une importante majorité des hindous modernes peut ne pas se considérer comme appartenant à une appellation précise.

Selon une estimation générale, les Vaishnavas forment approximativement une majorité d'hindous à ce jour, estimant que Vishnou personnalise le Brahman, le vénérant fréquemment par le biais, entre autres, des deux avatars — ou incarnations terrestres — de Vishnou, Râma et Krishna. Les hindous non-vishnouïtes sont le plus fréquemment des Shivaïtes (en particulier situés dans le Sud de l'Inde), qui considèrent Shiva ou ses fils comme le représentant du Brahman ; le reste assimile la Shakti au Brahman, Ishvari ou la déesse Kâlî/Durga. Mais fréquemment, le croyant hindou possède chez lui les représentations de plusieurs de ces formes de Dieu (Ishvara).

Bouddha dans l'hindouisme

Bouddha est vénéré par les hindous comme avatâr de Vishnou.
Icône de détail Article détaillé : Bouddha dans l'hindouisme.

Dans l'hindouisme, Bouddha est reconnu comme un Avatar de Vishnou. Dans les textes pouraniques, il est le vingt-quatrième des vingt-cinq avatars, préfigurant une prochaine incarnation finale[41]. Un certain nombre de traditions hindoues[42] parle du Bouddha comme du plus récent des dix avatars principaux, connus sous le nom de Daçavatar (Dix Incarnations de Dieu).

Les quatre buts de la vie
Icône de détail Articles détaillés : Pouroushârthas et Dharma (hindouisme) .

En parallèle des quatre périodes de la vie hindoue, l'hindouisme considère qu'il existe quatre buts à l'existence ou pouroushârtha. Les désirs humains étant naturels, chacun de ces buts permet de parfaire la connaissance de l'homme puisque, par l'éveil des sens et sa participation au monde, il en découvre les principes. Cependant, l'hindou doit se garder d'en être charmé, sous peine d'errer sans fin dans le cycle du samsâra.

Kâmadêva, la divinité de l'amour et du désir (Kama)
  1. Kâma ou le désir : et surtout le désir et le plaisir amoureux. Dans la mythologie, le dieu Amour, kâma est la source de la création. Les Kâmasûtra[43] exposent les moyens d'exalter les sens et d'épanouir la vie de couple. L'homme et la femme s'unissent et recréent l'unité divine. Le plaisir doit être dirigé dans l'objectif de la connaissance et ne doit pas devenir un mode de vie qui conduirait à accomplir des actes immoraux ou adharmiques (contraire au Dharma, voir ci-dessous).
  2. Artha ou la prospérité matérielle : L'homme doit participer à la société en se créant un patrimoine et des relations qui seront le fruit de son travail. Il doit faire attention de ne pas se faire abuser par le charme d'une vie d'aisance, mais doit en retirer un enseignement. La période de Grihastha est propice au développement de ce but.
  3. Dharma ou le devoir : Le Dharma doit diriger l'ensemble des quatre périodes de la vie hindoue. Le devoir autorise l'homme de poursuivre sa vie sur le droit chemin, en se conformant au droit ainsi qu'à la morale qui sont transcrits dans les Dharma-Sûtra ou le Manu-Samhitâ dit Lois de Manu[44].
  4. Moksha ou la délivrance : Durant les deux dernières périodes de la vie de l'hindou, ce dernier recherche moksha, la libération du cycle des réincarnations. Mais il s'agit en particulier du but ultime de la vie de l'Hindou qui peut y parvenir selon différents moyens, comme le Batki-Yoga (voir philosophie indienne). Selon la tradition hindoue, l'homme qui a manqué sa délivrance doit parcourir un cycle de 8 400 000 re-naissances dans d'autres conditions que la condition humaine avant d'y accéder à nouveau[45]. Néanmoins, il ne faut pas oublier que pour l'hindouisme, grâce à la bhakti (dévotion), même un animal peut atteindre la Délivrance grâce à sa dévotion envers une divinité, contrairement au bouddhisme, au jaïnisme ou au sikhisme, religions indiennes qui considèrent qu'il faut être né humain pour pouvoir accéder au moksha[46]. La conquête de cette liberté absolue forme l'objectif de l'ensemble des philosophies et de l'ensemble des techniques mystiques indiennes[15].

Ces vers de Kalîdâça résument idéalement cette pensée :

«Enfants, ils s'attachent à l'étude; jeunes gens, recherchent les plaisirs; vieillards, pratiquent l'ascèse; et c'est dans l'yôga qu'ils achèvent leur existence. »
    —  (Raghuvamça [47])

Les quatre étapes de la vie

La vie spirituelle d'un hindou est habituellement divisée en quatre stades ou âshrama[48]. Ces quatre stades sont étroitement liés aux quatre buts de la vie, chacun de ces stades permettant d'atteindre au mieux ces buts. Cette rigueur permettait d'accéder à une vie spirituelle remplie.

  1. Le Brâhmâcarya est la période de la vie de l'éducation. Elle consiste en l'étude approfondie des textes sacrés, essentiellement des Vedas. Ce stade est réservé aux enfants ainsi qu'aux étudiants, la chasteté et la continence en sont les principales vertus. Le guru ou maître spirituel est alors reconnu comme le représentant de la divinité, l'élève lui doit obéissance et respect.
  2. Le Gârhastya correspond aux obligations de suivre une vie active et mondaine : c'est celle du père de famille dans la force de l'âge dont l'objectif est d'avoir une descendance et doit s'enrichir pour la survie de sa famille.
  3. Le Vânaprasthya est le stade qui correspond à une vie de retraite loin des attachements de la vie matérielle et de la famille. Une fois les buts matériels réalisés, l'observant quitte son foyer pour obtenir le salut.
  4. La Samnyâsa est le dernier stade de la vie qui permet d'atteindre Moksa, la libération spirituelle. [49]

Aujourd'hui, ces observances ne sont plus suivies avec rigueur. La philosophie de la bhatki qui consiste au culte des dieux tend à supplanter cette tradition.

La société brahmanique — Les quatre varnas

Jeune brahmane shivaïte
Icône de détail Article détaillé : Hiérarchie des êtres dans l'hindouisme.

«Les quatre varnas assumaient avec rigueur leurs responsabilités. Les brâhmanes suivaient scrupuleusement les règles de vie recommandées par les Ecritures : ils étaient plein de foi, de douceur et de bonnes manières, savant connaisseurs des Védas et de leurs six branches[50]. Les kshatriyas, guerriers, s'exerçaient dans les vertus du courage, de fidélité et de détermination : ils étaient attachés au code d'honneur de leur varna. Les vaïshyas, commerçants, artisans et agriculteurs, remplissaient avec honnêteté et dévouement les devoirs de leur métier, sans penser à des gains illicites. Les shoûdras servaient avec joie les autres varnas, et ils étaient hautement respectés pour leur zèle par les brâhmanes, les kshatriyas et les vaïshyas
    — Vâlmîki, Le Râmâyana[51].

Après l'arrivée des Aryens, un peuple de nomades indo-européens, les prêtres de l'Indus affirmèrent leur suprématie en mettant en place le dispositif des castes, qui repose sur une division de la société en quatre varnas («couleurs») ou groupe de classes. La société hindoue a été habituellement divisée à partir de ces quatre grandes classes, basées sur la place que l'homme a dans le rituel védique et la profession[52] :

  • les Brahmanes : les prêtres, le clerc enseignant ;
  • les Kshatriyas : les guerriers, les rois et les administrateurs ;
  • les Vaishyas : les paysans, commerçants et artisans ;
  • les Shudras : les serviteurs.

Ces classes sont dénommées varna et le dispositif a été nommé Varna Vyavastha. Le dispositif de varna est une partie intégrante de l'hindouisme, et il est strictement sanctionné par les Ecritures, le Véda[52]. Les textes de la Smriti (y compris les Lois de Manu) ont élaboré les règles de ce dispositif. Auparavant, le dispositif était uniquement basé sur la profession, la place dans le rituel védique et le caractère, et il y a toujours eu des exemples où les gens ont librement changé de profession et se sont librement inter-mariés.

Plus tard, ce dispositif fut fixé sur l'apparition. Ainsi, avec l'évolution de plusieurs sous-castes (avec une classe des intouchables hors du Varna Vyavastha), le dispositif a évolué vers le dispositif de castes comme nous le connaissons actuellement. Avec la modernisation, les différences des castes s'estompent dans l'Inde moderne, mais les tensions et les préjugés restent persistants, en particulier envers les Dalit.

Le dispositif de caste basé sur l'apparition, qui existe en Inde moderne, n'existait pas dans l'hindouisme védique antique. Un hymne célèbre du Veda indique :

«je suis un poète, mon père est un médecin, le travail de ma mère est de moudre le blé... »
    —  (Rig-Veda[53] 9, 112, 3)

Le dispositif des varnas s'explique théologiquement : en Inde, on considère que la société est aussi organisée selon l'équilibre du dharma. Cette organisation permet l'harmonisation des rapports entre les hommes et de définir les actes qui leur incombent. Ce souci d'équilibre a une origine doctrinale, car elle répond à la symbolique des gounas, ou qualités/saveurs. Aux trois gounas, correspondent trois couleurs (le noir, le rouge et le blanc) qui sont chacune associée à une varna. Au départ, l'hindou ne naît pas dans une varna : il s'insère dans celle-ci selon le rôle qu'il est amené à jouer et des responsabilités qui lui reviendront. Énormément de textes mythologiques dénoncent l'usurpation au titre de brâhmane de certains personnages qui, sous couvert de l'apparition, profitaient d'un statut valorisant sans s'acquitter de leurs devoirs. Mais, à la suite des invasions comme de la colonisation britannique, la règle s'est resserrée au profit des castes dirigeantes, enfermant les shoûdras dans un statut de dominés par la société.

«Il n'est point d'entité, ni sur la terre, ni au ciel parmi les dieux, qui ne soit sujette au jeu de ces trois qualités (gunas) nées de la nature. Les œuvres des brahmanes, des kshatriyas, des vaïshyas et des shoûdras se distinguent selon les qualités (gunas) nées de leur propres nature intérieure. »
    —  (Bhagavad-Gitâ, XVIII, II, 40 et 41)

Pour l'hindouisme, chaque être est né différent de tout autre être[20]. Dans le nombre indéfini des combinaisons envisageables des éléments qui forment l'être vivant, il est quasiment impensable que le même arrangement puisse se reproduire, que deux êtres soient totalement semblables, ayant la même nature, la même apparence, la même fonction, le même rang[20]. Cependant, selon leurs caractéristiques, on peut classer les êtres en catégories qu'il s'agira pour chacun de réaliser pour pouvoir atteindre la perfection de ce qu'il est , seul chemin du progrès intérieur[20]. Le dispositif des varnas obéit à cette vision des choses.

La croyance hindoue soutient que ce dispositif est «naturel»[54] (voir La vie dans la CitéUNIQ28a03a055a8c09fd-nowiki-000001AC-QINU55UNIQ28a03a055a8c09fd-nowiki-000001AD-QINU), qu'on le retrouve dans le règne animal (fourmis, abeilles et les mammifères vivants en troupeau) et dans l'organisation familiale (respect et autorité des parents et ancêtres), comme dans la société. Du point de vue hindou, ce dispositif serait évolutif et s'adapterait avec la société.

Il existerait ainsi une distinction entre le dispositif tel qu'il serait exprimé par les textes et son application courante. Aurobindo rédigé : «Les paroles de la Gitâ se rapportent à l'ancien dispositif de chaturvarna, tel qu'il existait ou est supposé avoir existé en sa pureté parfaite — fut-ce jamais autre chose qu'un parfait, une norme générale, suivis qui plus est ou moins près dans la pratique?»[56]

Il est envisageable d'être rejeté de sa caste, mais, pour cela, les fautes de l'individu doivent être assez graves. En Inde, on reconnaît cinq péchés majeurs ou mahâpataka, le plus grave étant le meurtre d'un brahmane (ou brahmahatyâ), mais la consommation d'alcool, le vol, l'adultère avec la femme de son gourou et la protection de criminels sont aussi sévèrement punis. Perdre sa caste peut être douloureux pour un hindou, puisque vivre au sein d'une communauté soudée offre un certain nombre d'avantages et de protections.

Ahimsâ (la non-violence), le régime végétarien et la vache sacrée

Hindou en prière face à deux vaches

Ahimsâ est un concept qui recommande la non-violence et le respect pour toute vie, humaine et animale, et même végétale (voir les Bishnoï). Ahimsâ est assez fréquemment traduit par non-violence. En réalité, ce terme veut dire, dans son sens exact, non-nuisance à l'égard de l'ensemble des êtres vivants, ou respect de la vie sous toutes ses formes. Dans un sens positif, ou actif, l'ahimsâ est synonyme de compassion, de générosité. La racine sanskrite est hims («nuire») avec le privatif «a». L'ahimsâ est fondé sur une injonction védique :

«?????????? ?????-??????, mâhimsyât sarva-bhoutâni (qu'on ne nuise à aucun être vivant) [57]»

Mais le terme ahimsâ apparaît pour la première fois dès les Oupanishads et dans le Raja-Yoga, c'est le premier des cinq yamas, ou vœux éternels, les restrictions indispensables du yoga.

À ce sujet, Bishma dit dans le Mahâbhârata :

«La viande des animaux est comme la chair de nos propres fils[58]»

La croyance en la réincarnation est principale dans le bouddhisme le jaïnisme et dans l'hindouisme : nous avons été, nous sommes et nous serons (peut-être) tous des animaux au cours de nos innombrables vies.

L'Ahimsâ est la notion philosophique de l'hindouisme (mais également du bouddhisme ou du jaïnisme) qui introduit le végétarisme comme parfait dans l'alimentation. Selon certaines estimations, 85% de la population hindoue [59] suit un régime végétarien (pas de viandes, de poissons ni d'œufs ; les œufs fécondés sont reconnus comme aliments non végétariens, en Inde[60])  : en particulier dans les communautés orthodoxes de l'Inde du sud, dans certains États du nord comme le Gujarat ou du sud au Karnataka (où l'influence des jaïns est significative). Ce régime alimentaire est essentiellement fondé sur une nourriture à base de laitages et produits verts. Quelques-uns évitent même l'oignon et l'ail, étant reconnus comme ayant des propriétés rajas, c'est-à-dire «passionnelles». Dans l'Inde respectant les traditions, un brahmane n'était rien sans sa vache, car elle lui fournissait l'offrande aux dieux la plus appréciée. Le svadharma (le dharma personnel) des brahmanes inclut le végétarisme, le brahmane étant nommé à mener une vie totalement pure [61]. L'hindouisme encourage le végétarisme[62]. La consommation de viande, de poisson (et d'œuf fécondé) n'est pas promue, – uniquement tolérée, tolérée dans le cadre du rang que l'hindouisme lui a assigné dès les Védas : inférieur, non respectueux de l'ahimsâ et impur comparé à un régime végétarien[63].

ici, Haridwar : les alcools et les aliments non-végétariens (viandes, poissons, œufs) sont complètement prohibés dans cette ville sainte de l'hindouisme (comme dans presque l'ensemble des villes saintes de l'Inde).

Certains brahmanes sont non seulement végétariens, mais végétaliens, c'est-à-dire qu'ils ne consomment aucun produit d'origine animale (lait, etc. ).

D'une façon générale, les Oupanishads, déjà (à partir du VIe siècle av. J. -C. ), soulignent que bêtes et les humains sont frères, puisque tous hébergent en eux l'âtman, et par conséquent sont les sanctuaires du Brahman («Absolu», la plus haute notion de Dieu, dans l'hindouisme). C'est exactement parce que l'ensemble des êtres vivants sont le sanctuaire du Brahman, qu'il n'y a pas en Inde de temple du Brahman, comme il y a des temples de Vishnou ou de Shiva[64].

Icône de détail Article détaillé : vache sacrée.

On peut constater que dans la majorité de villes saintes hindoues, il existe une interdiction de l'ensemble des aliments non-végétariens et de l'ensemble des alcools, et une interdiction légale existe même sur l'abattage de vaches dans presque l'ensemble des États de l'Inde. Le cuir d'une vache morte de cause naturelle est cependant acceptable.

La plupart des hindous voit la vache comme le meilleur représentant de la bienveillance de l'ensemble des animaux — dans la mesure où elle est l'animal le plus apprécié pour son lait, elle est révérée comme une mère. La vache est le symbole du pouvoir du brâhmane et de l'Ahimsâ[65].

Le cycle de la vie

L'hindou croit en une vie après la mort, et avant l'apparition, le corps n'étant qu'une enveloppe matérielle temporaire[66]. Le très renommé gourou Yâjnâvalkya (630-583 av. J. -C. ) enseignait qu'à sa mort, chaque homme subissait une dissolution ; le corps retournait à la terre, le sang à l'eau, le souffle au vent, la vue au soleil et l'intellect à la lune, mais les «actions non rémunérées» (celles qu'on a produite sans en récolter les conséquences) se réunissaient pour s'incarner de nouveau en un être. De cette façon, la notion, présente dans les Oupanishads, de la migration des âmes (ou jiva, c'est l'atman - qui lui est purement immatériel - dans ou avec le corps organique) et de leur renaissance, se joignait à celle du karma (littéralement, l'«action») [2].

Le karma était à l'origine l'unique acte rituel[2], [63]; mais ensuite, reconnu comme moteur du samsâra, il est identifié à toute action déterminant de façon automatique non seulement la renaissance après la mort, mais également les formes de cette future existence et la situation que l'individu connaîtra dans sa nouvelle vie[2].

En d'autres termes, l'homme devient ce qu'il accomplit[2] : les bonnes actions d'une existence antérieure perfectionnent les conditions de vie de l'existence à venir, alors que de mauvaises actions les aggravent[2].

Aussi chaque individu détermine-t-il par la loi de maturation des actes son propre destin dans la vie à venir, le «théâtre» de son fruit renouvelé (il n'est pas question de récompense ou de punition, dans la mesure où il n'y a personne pour récompenser ou punir) [2].

D'autre part, dans cette succession d'existences terrestres, l'âtman demeure l'essence invariable propre à l'individu, malgré la totale mutation de l'être, représentant ainsi la continuité du moi dans la migration des âmes, «par quoi nous sommes semblables les uns aux autres et semblables aux puissances de l'univers»[2].

Pour briser ce cycle perpétuel, l'hindou doit vivre de façon à ce que son karman ne soit ni négatif, ni positif. Le yoga lui enseigne le moyen de parvenir à ce résultat, l'hindou ayant le loisir de choisir la méthode qui lui convient le mieux suivant les écoles de philosophie indienne afin d'atteindre la libération ou moksha de son âme. Il peut choisir entre une variété de chemins tels que la dévotion ou bhakti, l'action ou karma, ou par la connaissance (jñâna) et la méditation (Raja). Actuellement, la majorité des hindous, vivant dans une époque matérialiste ou kaliyuga, choisit la voie du bhakti-yoga ou de la dévotion adaptée à son temps.

Les rituels

La Puja, le rituel d'offrande qui rythme la vie des hindous et dont les chants résonnent partout ainsi qu'à toute heure du jour et de la nuit
Icône de détail Article détaillé : Rituels (hindouisme) .

Les comportements rituels sont intégrés dans la vie quotidienne des hindous, de l'aube au coucher du soleil ; jamais les sphères du sacré et du profane ne sont vraiment scindées [67] : c'est l'individu, ou la famille, et non la communauté, qui est porteur de l'activité religieuse[67].

L'observance la plus connue des brâhmanes est celle des trois hommages qu'ils rendent aux trois articulations (samdhyâ) de la journée[67]. Ils s'ouvrent avec des rites de purification au moyen de cendre, d'eau, ou des produits de la vache, se poursuivent par des récitations de mantras (formules qui deviennent instruments de la pensée et de la méditation) et les invocations au Soleil (Sourya) [67]. Autres devoirs quotidiens : l'oblation au feu mais aussi, comme en témoigne le Mahâbhârata, le culte aux mânes (âme des morts, ancêtres), issu du védisme[67].

Les Temples

Schéma d'un temple de Konarak

Les temples hindous (mandir en hindi, koyil en tamoul) ont hérité des rites et des traditions riches et anciennes, et ont occupé une place spécifique dans la société hindoue. Ils sont d'habitude dédiés à une divinité primaire, nommée la divinité tutélaires, et les autres divinités subalternes associées avec la divinité principale. Cependant, quelques temples sont dédiés aux multiples divinités. La majorité des temples majeurs sont fabriqués par les agama-shastras et énormément sont des sites de pèlerinage. Pour énormément d'hindous, les quatre shankaracharyas, fonctionnaires religieux chargés de donner des conseils religieux[49] (les abbés des monastères de Badrinath, Puri, Sringeri et Dwarka — quatre des centres de pèlerinage les plus saints — et quelquefois un cinquième, celui de Kanchi) sont reconnus par les hindous comme les quatre plus hauts patriarches. Le temple est un lieu pour le darshan (la vision de l'être-divin), pour la pūjā (le rituel), la méditation, parmi les autres activités religieuses. La pūjā ou adoration, utilise souvent l'aide d'un mūrti (la statue ou l'icône dans laquelle la présence divine est invoquée) conjointement avec la chanson ou la prière sous forme de mantras. La vénération de ces mûrtis est faite l'ensemble des jours dans un temple. Cette forme d'adoration d'icône et de temple, nommé la pūjā, est partie intégrante de la bhakti. La majorité des maisons hindoues ont aussi une section consacrée, un autel, pour l'adoration quotidienne des divinités avec les icônes et un lieu de méditation religieuse.

Le point sur le Svastika

Le swastika[68] est un signe bénéfique[69], d'origine particulièrement ancienne, il se retrouve dans de nombreuses civilisations et symbolise la révolution du soleil et les forces cosmiques. tourné vers la droite, il est bénéfique et représente le jour; tourné vers la gauche il est néfaste et représente la nuit et la déesse Kali, on l'appelle alors sauvastika[70]. Sa composition en 4 branches est le symbole même de ces quatre buts de la vie, des quatre Vedas et des périodes de la vie[71]. Avec ses quatre branches qui convergent vers un même point, le bindu, il symbolise aussi le chiffre 5 avec les 5 éléments dont le bindu représente l'éther, la source de la création.
Icône de détail Article détaillé : svastika.

La danse
Icône de détail Article détaillé : Danse (hindouisme).
Danseuse du Bharata natyam.

Véritable art rituel, la danse classique indienne naît dans les temples[72].

Plusieurs siècles avant l'ère chrétienne, les grands sanctuaires utilisent les talents des jeunes danseuses[72].

Artistes sacrées, elles sont attachées au temple, portent le nom de devadaçi («esclaves de dieu»), et participent aux cérémonies d'offrandes et d'adoration[72].

Quand, plus tard, la danse sera pratiquée à la cour des princes, elle conservera cette inspiration religieuse[72].

L'Inde classique a connu deux grands types de danse.
Le Bharata natyam est la forme la plus ancienne, étroitement liée aux cérémonies religieuses. Pour cet art sobre, délicat, au rythme le plus souvent lent, le danseur est seul sur scène[72].
Plus spectaculaire, le Kathakali trouve ses thèmes dans les grands épisodes du Râmâyana et du Mahâbhârata. Chaque danseur porte un costume somptueux et un maquillage épais correspondant à son personnage : les dieux sont le plus souvent peints en vert, les démons en rouge ou en noir[72].

L'environnement

Icône de détail Article détaillé : Environnement (hindouisme) .

L'environnement dans l'hindouisme a une grande importance. Sanâtana-dharma renvoi à la conception d'une essence éternelle du cosmos, la qualité qui lie l'ensemble des êtres humains, animaux et végétaux à l'univers alentour et peut-être à la source de toute existence[73], [74]. Cette perspective veut dire qu'en Inde, au niveau religieux et philosophique, l'environnement ne peut être ignoré, ou méprisé, mais a bien sa place dans le monde hindou.

Icône de détail Article détaillé : Bishnoï.

Les Bishnoïs (ou Vishnoï) sont les membres d'une communauté créée par le gouroû Jambeshwar Bhagavan, nommé couramment Jambaji (1451-?), en particulier présente dans l'état du Rajasthan, surtout dans les régions de Jodhpur et de Bîkâner, et dans une moindre mesure dans l'état voisin de l'Haryana en Inde.
Les Bishnoïs suivent vingt-neuf principes édictés par leur gouroû et se définissent par leur végétarisme, leur respect strict de toute forme de vie (non-violence, ahimsa), leur protection des animaux mais aussi des arbres, leur adoption d'une tenue vestimentaire spécifique[75]. On les définit fréquemment comme ayant une forte conscience écologique. Les Bishnoïs vivent paisiblement dans des villages isolés loin des centres de peuplement, et sont à peu près sept millions en Inde. Ce sont les rares hindous à enterrer leurs morts, du fait du bois qu'il faut couper pour la crémation.

Les fêtes

Icône de détail Article détaillé : Fêtes (hindouisme) .
La Kumbhamelâ qui rassemble chaque fois des millions de pélerins

Les fêtes dans l'hindouisme occupent une place visible et incontestable dans la pratique de la religion hindoue. Excepté les fêtes les plus populaires, comme celle de Holi, de l'apparition de Krishna ou de Diwali, la fête des lumières, qui sont célébrées dans toute l'Inde, la majorité des célébrations ont une importance en particulier locale[39].

Généralement, le déroulement de la fête est centré autour d'un grand char richement orné portant les images des divinités du temple, et qui est tiré à travers le village ou la région toute entière[39].

L'une des fêtes les plus connues est celle qui se tient à Puri (en Orissa) en l'honneur de Krishna-Vishnou qui représente à cette occasion les figures de Jaqannatha («seigneur du monde»), de son frère Balarama et de sa sœur Soubhadra[39].

On peut aussi citer Janmâshtami, «huitième jour de naissance», fête de la nativité de Krishna, au mois d'août. Une poupée représentant Krishna bébé est positionnée dans une crèche, autour de laquelle la famille veille une grande partie de la nuit en récitant des invocations et des chants. Le jeûne est fréquemment observé à l'occasion de cette cérémonie[76].

L'hindouisme dans le monde

Un sadhu, à Kathmandu, au Népal

L'Inde, Maurice et le Népal sont des nations surtout hindouistes. Jusqu'en mai 2006, le Népal était l'unique État dans le monde dont la religion officielle était l'hindouisme[77], jusqu'à ce que le Parlement proclame le principe de laïcité dans ce pays[78].

L'Asie du Sud-Est a été beaucoup convertie à l'hindouisme depuis le IIIe siècle. Il en reste la plupart de monuments, comme la ville-temple d'Angkor Vat au Cambodge ou les temples de l'île de Java en Indonésie, mais aussi la grande popularité des épopées du Mahabharata et du Ramayana. L'influence dans la danse est moins évidente. L'île indonésienne de Bali est ainsi marquée par une forte influence hindoue, avec des éléments bouddhistes et en particulier animistes, le syncrétisme étant plus faciles dans ces cultures. La culture javanaise est toujours fortement imprégnée d'éléments indiens, et il reste des enclaves d'hindouisme à Java. La Thaïlande et l'Indonésie ont comme armoiries nationales Garuda, le véhicule de Vishnou, qu'on retrouve aussi dans le nom de la compagnie aérienne nationale, Garuda Indonesia.

Depuis le XIXe siècle, une diaspora indienne s'est constituée. Ainsi, on trouve aujourd'hui des minorités hindouistes importantes dans les pays suivants : le Bangladesh (15 millions), l'Indonésie (plus de 5 millions), le Sri Lanka (2, 5 millions), le Myanmar (2, 1 millions), les États-Unis (1, 7 million), la Malaisie (1, 5 million), le Pakistan (1, 3 million), l'Afrique du Sud (1, 2 million), le Royaume-Uni (1, 2 million), le Canada (0, 7 million), les Fidji (0, 5 million), la Trinité-et-Tobago (0, 5 million), le Guyana (0, 4 million), les Pays-Bas (0, 4 million), le Surinam (0, 2 million), la France (0, 15 million).

Le regard occidental sur l'hindouisme

Mircea Eliade, historien des religions roumain, a proposé une tentative de scinder la tradition en quatre concepts fondamentaux et solidaires afin d'épurer la complexité de l'hindouisme : il s'agit du karma, de la mâyâ, du nirvâna et du yoga[15].

  1. la loi de la causalité universelle, qui solidarise l'homme avec le Cosmos et le condamne à transmigrer indéfiniment : c'est la loi du karma ;
  2. le processus mystérieux qui génère et soutient le Cosmos, et , ce faisant, rend envisageable l'«éternel retour» des existences : c'est la mâyâ, l'illusion cosmique, supportée par l'homme aussi longtemps qu'il est aveuglé par l'ignorance (avidya), la confusion liée à l'attachement et au désir qui l'empêche de discerner sa véritable nature ;
  3. la réalité absolue «située» au-delà de l'illusion tissée par le karma ; l'Être pur, l'Absolu, le Neutre de quelque nom qu'on la sert à désigner, ou encore : le Soi (âtman), Brahman, l'inconditionné, le transcendant, l'immortel, l'indestructible, le Nirvâna, etc. ;
  4. enfin, les moyens facilitant la révélation de l'Être, les techniques correctes pour réaliser la délivrance (moksha, mukti)  : cette somme des moyens est quelquefois désignée par le terme yoga (union).

Controverses autour de l'hindouisme

La satî («vertueuse», fidèle jusque dans la mort), symbole du dévouement total de la femme à son mari, qui consiste pour la veuve à monter sur le bûcher du défunt et mourir brûlée vive. Pratique tardive en Inde (VIe siècle après J. -C. ) limitée à la caste des kshatriyas, absente dans l'Atharva-Veda où sont exposés les rites de la cérémonie funéraire (il n'en est fait aucune prescription), elle a comme origine l'interprétation d'une des légendes où la déesse Satî, si dévouée à son mari, qu'elle est prête à se jeter dans les flammes pour défendre l'honneur que ce dernier a perdu en se disputant avec son beau-père. Interdite sous le raj britannique, la satî a génèré une méfiance à l'égard de l'hindouisme[39].

L'hindouisme est critiqué depuis le XIXe siècle par l'Occident, – proposant à l'époque sa colonisation du monde comme étant «civilisatrice» –, pour certaines traditions sociales jugées régressives, passéistes, incompréhensibles finalement à sa culture, critiques qu'on on doit savoir nuancer en connaissance de cause sans en dénaturer la rigueur[79]. En voici les exemples types :

  • La dot que les parents doivent assurer à la mariée, illégale selon la constitution indienne[80], aussi pratiquée par l'ensemble des autres communautés religieuses indiennes non-hindoues (musulmanes, chrétiennes, sikhes, bouddhistes, jaïnes... ) [81] et les violences domestiques qui dérivent de cette coutume[82]. Il faut rappeler que, selon la tradition hindoue, la dot était un bien personnel de la jeune femme, hérité de sa propre famille, qu'elle apportait avec elle dans la maison de son époux[83]. Sous sa forme tardive, elle a trahi sa forme originelle pour devenir le «prix» que la famille de la jeune fille doit payer pour le garçon[84]. Il est abusif d'assimiler la dot, telle qu'elle existe sous sa forme dégénérée, à une pratique inhérente au substrat culturel que représente l'hindouisme, d'autant que dans de nombreux pays non-hindous – en voie de développement économiques eux-aussi – elle se pratique aussi[85].
  • L'interdiction pour les veuves de se remarier[88], à relativiser, puisque, par exemple, il est permis depuis toujours aux femmes de culture shakta, jouissant en Inde d'une particulièrement grande estime, de se remarier après une période de veuvage [2].
  • Le suicide de la veuve sur le bûcher funéraire de son époux ou Sati[89], inconnu des Ecritures hindoues et pratiqué aussi comme une solution rituelle, une réponse religieuse à une situation inextricable liée à l'impureté[90].
  • La pratique des sacrifices humains[91], [92], [93], qui, selon l'hindouisme, n'a de valeur que si la victime humaine est volontaire, donnant sa propre vie – offrande suprême – sur l'autel de l'univers ; (symbolisant l'univers envisagé comme un rituel, un sacrifice, Tchinnamastâ[94], déesse tenant d'une main sa tête qu'elle a décapitée et qui boit le sang giclant de son cou, est associée à la vertu du courage de ceux qui s'auto-sacrifient rituellement) [95].
  • Le dispositif de castes socio-professionnelles, dont les dérives furent d'autre part condamnées par des réformateurs, philosophes et sages hindous tel que Basava dès le XIIe siècle[96], [97]. Ce dispositif des castes peut néanmoins être vu comme une façon de génèrer une démocratie directe contrôlée par des fédérations de groupes à échelle humaine (les Panchayats, représentants des différentes castes socioprofessionnelles)  : il n'est par conséquent pas surprenants que les indiens y restent attachés, d'autant qu'ils peuvent l'idéaliser par le biais de la religion [98], [99], [100], [101].
  • Du point de vue des trois religions abrahamiques, l'hindouisme est aussi critiqué comme étant polythéiste et respectant l'idolâtrie. En effet, Le culte de la moûrti (forme visible du dieu) est idolâtre (ce qui peut prendre une connotation péjorative dans les religions telles que le judaïsme, le christianisme ou l'islam). Au cours de la cérémonie (puja), l'hindou considère que les Dieux utilisent ces formes pour répandre leur puissance et leur bénédiction aux fidèles (darshan) [102].
  • L'hindouisme est aussi perçu en Occident comme une religion dans laquelle les dieux et les déesses, la mythologie, ont un caractère fortement sexuel[103] et empreint de violence[104], [105]. Les hindous ne condamnent pas ces interprétations, puisque pour la philosophie hindoue la violence et la sexualité sont des composantes indélébiles du monde empirique, de l'univers sensible : selon eux, il s'agit non seulement d'une incompréhension de la signification réelle des formes et de la symbolique du panthéon hindou, mais de critiques émises dans un contexte d'évangélisation et perçues somme une désinformation visant à éclipser la valeur et les apports de leur religion[106].
  • Une autre critique est celle nommée hindutva «le fait d'être Hindou». Énormément de milieux indiens sont devenus, à cause de l'influence occidentale, puritains et intégristes, ce qui est contraire à l'esprit véritable de la tradition hindoue[107]. Ainsi, au XXe siècle, le patriotisme indien émergeant a commencé à promouvoir l'hindouisme en opposition au raj britannique ainsi qu'à l'islam, dans la suite de l'indépendance indienne, à l'occasion des disputes territoriales avec le Pakistan. La «Cour Suprême Indienne» a néenmoins légiféré sur «le sens flou» à donner aux termes : hindou, hindoutva et hindouisme en ne les limitant pas à l'unique sphère de la religion pour ne pas exclure les idées de culture et d'héritage commun indien. Une «mosquée», symbole de répression et de l'intransigeance des Moghols pour les hindous, à Ayodhya, accueillit, le 23 décembre 1949, la statue de Râma qui fut positionnée sous le dôme central de la mosquée, et , devant les foules qui affluaient, le culte hindou s'y installa. La structure qui fut détruite le 6 décembre 1992 ne fonctionnait plus comme mosquée depuis des décennies, mais comme un temple hindou depuis 42 ans[108]. Selon la tradition et certains historiens et specialistes [109], Râma est né sur ce site. Mir Baki, le moghol qui administrait le lieu, avait fait construire la mosquée Babri après avoir, sur ce même lieu, fait détruire ce temple vaishnavite en l'honneur de Râm, au motif d'idolâtrie (shirk).

Sources

Références

  1. «une des dernières civilisations respectant les traditions du monde antique toujours vivante», dans la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  2. abcdefghijklmn selon L'encyclopédie des religions de Gerhard J. Bellinger, (ISBN 2253131113)
  3. Voir Religion
  4. «L'hindouisme n'est pas une religion dogmatique. Ce n'est même pas une religion au sens judéo-chrétien du mot», selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  5. http ://www. jaia-bharati. org/inter/swamy-dayananda. htm
  6. selon la mythologie hindoue, l'époux de la déesse Ahimsâ est le dieu Dharma, l'ordre-socio-cosmique ; selon L'hindouisme, une introduction, Dharam Vir SINGH, éditions Surabhi Prakash, B-14 Bhawani Singh Road, Jaipur 302001, Inde
  7. Autobiographie, ou mes expériences de vérité, Mahâtmâ Gândhî, ISBN 8172340168
  8. dans la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  9. Modèle :Harvnb
  10. See Indo-European sound laws for a discussion of the transition from "Sindhu" to "Hindu"
  11. Thapar, R. 1993. Interpreting Early India. Delhi : Oxford University Press. p. 77
  12. David Lorenzen, Who Invented Hinduism? New Delhi 2006, pp. 24-33; Rajatarangini of Yonaraja : "Hinduka"
  13. "... that many-sided and all-enfolding culture which we in the West have chosen to call Hinduism" Jan Gonda, Visnuism and Sivaism, Munshiram Manoharlal. 1996, ISBN 812150287X p. 1. cited byWelbon, G. R., «Review : Love of God According to Saiva Siddhanta : A Study in the Mysticism and Theology of Saivism by Mariasusay Dhanamoy», dans {{{périodique}}}, Journal of the American Academy of Religion, Vol. 43, No. 1, 98+100. Mar., 1975.
  14. http ://www. jaia-bharati. org/culture/inde-voltaire-mi. htm
  15. abc Le yoga, immortalité et liberté de Mircea Eliade, ISBN 2228883506
  16. L'énoncé sur le site de l'Himalayan Academy
  17. http ://www. bbc. co. uk/religion/religions/hinduism/history/history_1. shtml Hindu History sur la BBC
  18. Gavin Flood, professeur d'études religieuses à Oxford (1996), p. 28 à 29.
  19. Article du monde diplomatique
  20. abcd la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  21. abcde selon l'Encyclopédie des religions de Gerhard J. Belliger ISBN 2253131113
  22. http ://stehly. chez-alice. fr/notionbrahman. htm
  23. abcdefghijklm P. GRIMAL, Mythologie de la Méditerranée au Gange, Larousse
  24. Trésor de la poésie universelle Roger CAILLOS/Jean-Clarence Lambert, Gallimard (6e édition)
  25. «Au fond du polythéisme est le sentiment de la nature vivante, immortelle, créatrice», TAINE.
  26. The number 330 million was simply used to give a symbolic expression to the fundamental Hindu doctrine that God lives in the hearts of all living beings)
  27. tiré dans Le Védisme, l'éveil de la spiritualité indienne, Bernard BAUDOUIN, éditions de Vecchi, ISBN 2732833541
  28. Paul MARTIN-DUBOST, çankara et le védânta, éditions du Seuil
  29. J. Chevalier et A. Gheerbrant, Dictionnaire des Symboles, Robert Laffont 2005.
  30. Ananda K. Coomaraswamy, Hindouisme et Bouddhisme, Gallimard, 1949
  31. Chandogya-Upanishad, trad. E. SENART Paris, Les Belles Lettres, 1930
  32. Eugène Burnouf ; Le Bhâgavata Purâna, Jean Maisonneuve 1840 et 1981 (V tomes)
  33. «Le dieu des panthéistes est impersonnel», MICHELET.
  34. La Bhagavad-Gîtâ, traduction de Camille Rao et Jean Herbert, commentaires de Shrî Aurobindo, Paris, Albin Michel, 1970.
  35. Kahsmiri overseas association sur les devas
  36. Jean Herbert, la Mythologie Hindoue, son message; Albin Michel, 1980
  37. La vision du mal dans l'hindouisme (anglais)
  38. Jean Varenne, Dictionnaire de l'Hindouisme, éd. du Rocher, 2002 p211.
  39. abcdefghijkl selon Encyclopédie des religions de Gerhard J. Bellinger ISBN 2253131113
  40. Tara Michel, La légende immémoriale du Dieu Shiva (Le Shiva-Purâna) / Longue introduction et traduction des deux premières samhitâ du Shiva-Purâna. Gallimard «série indienne» Paris 1991, 2007, 267 p. (Coll. Unesco «Connaissance de l'Orient»)
  41. (en) Bhagavata Purana, Canto 1, Chapter 3 - SB 1.3.24 : "Then, in the beginning of Kali-yuga, the Lord will appear as Lord Buddha, the son of Anjana, in the province of Gaya, just for the purpose of deluding those who are envious of the faithful theist. "... SB 1.3.28 : "All of the above-mentioned incarnations [avatars] are either plenary portions or portions of the plenary portions of the Lord [Krishna or Vishnu]"
  42. [1]
  43. Le Kâma sûtra, Alain Daniélou 1992
  44. Lois de Manou, trad. A. loiseleur-Deslongchamps, Garnier 1976
  45. L'Hindouisme, Anne-Marie Esnoul, Fayard-Denoël
  46. L'Hindouisme, Anne-Marie Esnoul, Fayard-Denoël. Selon le Râmâyana, les animaux dévots de Râm obtinrent la Grâce de Dieu et le bonheur ultime ; on se souviendra qu'un des noms de Râm est Rakshavânar Sangâtinê, qui veut dire Sauveur des singes et des sangliers, animaux de la forêt qui l'aidèrent pieusement dans sa geste. selon 108 names of Rama de Vijay Kumar ISBN 8120720261
  47. Kâlidasa, le Raghuvamça, traduit par Louis Renou 1928
  48. Ashrama Dharma in Hinduism, Brahmacharya, Grihastha, Vanaprastha, Sanyasa
  49. ab Louis Frédéric, Dictionnaire de la civilisation Indienne, Robert Laffont 1987
  50. manuels conçus pour expliciter les Védas : la phonétique, la science des rythmes, la grammaire, l'étymologie, l'astronomie et le rituel. selon Le Râmâyana, conté selon la tradition orale, Serge DEMETRIAN, éditions Albin Michel ISBN 2226149147
  51. Le Râmâyana, conté selon la tradition orale, Serge DEMETRIAN, éditions Albin Michel ISBN 2226149147
  52. ab L'hindouisme, anthroplogie d'une civilisation, Madeleine BIARDEAU, Flammarion
  53. RIG-VEDA ou Livre des Hymnes. Traduit du sanskrit par A. Langlois, ed Adrien-Maisonneuve 1984-2000
  54. Constant Kerneïz, La vie dans la Cité. Hatha Toga (11). Paris, éditions Jules Tallandier
  55. La vie dans la Cité. Hatha Toga (11). Paris, éditions Jules Tallandier
  56. Shri Aurobindo, la Bhagavad-Gîtâ, Albin Michel, 1996
  57. http ://stehly. chez-alice. fr/ahimsa. htm
  58. Mahabharata section CXIV voir http ://www. sacred-texts. com/hin/m13/m13b079. htm
  59. CNN :[http ://edition. cnn. com/2001/WORLD/asiapcf/south/05/04/india. mcdonalds/index. html
  60. Autobiographie ou mes expériences de la vérité, Mohandas Karamchand Gandhi
  61. le Mahâbhârata déclare : «Qui est brahmane ? C'est celui en qui se manifeste la charité, le pardon, la bonne conduite, la bienveillance, la compassion et l'observation des rites de son ordre. Les gens en qui ses qualité n'existent pas, sont des shoudras, même s'ils seraient nés de parents brahmanes»
  62. http ://www. hindujagruti. org/news/439. html
  63. ab L'hindouisme, anthroplogie d'une civilisation, Madeleine BIARDEAU, Flammarion
  64. http ://stehly. chez-alice. fr/les2. htm
  65. http ://www. wikilivres. info/w/index. php/Protection_de_la_vache
  66. http ://stehly. chez-alice. fr/la2. htm
  67. abcde Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, Le livre de poche, ISBN 2253131113
  68. Alain Daniélou, Mythes et Dieux de l'Inde, Flammarion, 1992
  69. Dictionnaire de la sagesse orientale, Robert Laffont, 1986
  70. Encyclopædia Universalis 2005
  71. Pramesh Ratnakar, l'Hindouisme, 1996 celiv Paris
  72. abcdef Les civilisations de l'Asie, Véronique Ageorges, Jean-Michel Coblence, Casterman, ISBN 2203157070
  73. «L'Hindouisme», une introduction, de Dharam Vir Singh, Surabhi Prakash
  74. L'encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, le livre de poche, ISBN 2253131113
  75. Le guide du routard, ISBN 2012403255
  76. Autobiographie, ou mes expériences de vérité, Mahâtmâ Gândhî, ISBN 8172340168
  77. Sur les archives des sciences sociales et des religions
  78. Instauration d'un état laïque, fin d'une monarchie Hindouiste
  79. «Les descriptions stéréotypées de la société indienne, dont nous avons hérité, ont été découvertes au XIXe siècle pour justifier le colonialisme et ses bienfaits. Il faut les considérer avec prudence. Énormément de problèmes de l'Inde moderne sont dus au prosélytisme islamique et chrétien qui se sont employés à détruire les conceptions respectant les traditions de la justice sociale», selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  80. Dowry Prohibition Act, 1961
  81. La dot en Inde, un fléau social? De Véronique Bénéï
  82. Les femmes en danger de mort à cause des enjeux de la dot, sur le site des nations unies
  83. La vache sacrée, et autres histoires indiennes, Tarun CHOPRA, Prakash Book, ISBN 8172340419
  84. La vache sacrée, et autres histoires indiennes, Tarun CHOPRA, Prakash Book, ISBN 8172340419
  85. http ://www. monde-diplomatique. fr/2001/05/PARINGAUX/15113 «le développement de la mort pour cause de dot doit énormément à l'évolution rapide de la société indienne vers le matérialisme et le consumérisme. Aucune forme de violence contre les femmes n'est plus directement liée aux structures économiques que la demande de dot»
  86. 46% des femmes mariées avant l'âge de 18 ans, sur le site de l'UNICEF
  87. «Les mariages d'enfants, tant décriés, ne posent le plus souvent pas de problèmes. Un garçon de dix ans sait qu'il existe une petite fille qui est sa femme, tout comme il a une mère, qu'il n'a pas non plus choisie. Le mariage est consommé le plus fréquemment vers la quinzième année, âge où la curiosité sexuelle n'est pas sélective. D'autre part, les époux ne vivent pas en couple mais dans le large groupe familial», selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  88. Sur le mariage des veuves dans l'histoire de l'Inde
  89. Widow Burning in India de Sakuntal Narasimhan Anchor editor, 1992
  90. selon la civilisation des différences, (Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979, ) «la pratique de la sati est inconnue des textes anciens sur les devoirs des varnas», mais elle était aussi, dans le contexe de l'époque, une manière d'échapper – en réalisant un parfait de purification (comparable à celui des premiers martyrs pour les chrétiens) – à des humiliations futures : ainsi, c'est par centaines que les femmes des guerriers rajpoutes se jetèrent dans les flammes pour ne pas tomber aux mains des envahisseurs musulmans, qui en auraient fait leurs esclaves si la mise à mort leur était épargnée ; se donner la mort selon les règles d'un auto-sacrifice au dieu du feu, Agni, étaient pour ces femmes hindoues une mort illimitément plus noble comparé à celle donnée sans doute par l'ennemi.
  91. http ://www. newkerala. com/topstory-fullnews-31742. html
  92. Selon l'Hindustan Times, il y a eu 25 sacrifices humains dans l'ouest de l'Uttar Pradesh dans les six derniers mois uniquement. Ces tueries ont accrues l'attention sur les pratiques tantriques, un amalgame de pratiques diversent issues de l'hindouisme. John Lancaster, Washington Post, 29/11/2003)
  93. La police de Khurja annonce que des douzaines de sacrifices humains ont eu lieu ces derniers mois. Dans un village proche de Barha, une femme a tué le fils de trois ans de ses voisins pour accomplir un rituel qui lui promettait des richesses infinies. Dans un autre cas, un couple qui ne pouvait avoir d'enfants a kidnappé un enfant de six ans et a mutilé l'enfant en chanant les mantras d'un rituel tantrique. La femme s'est ensuite lavée dans le sang de l'enfant. "C'est la faute à la superstition ainsi qu'à l'illétrisme" dit l'officier de police Ak Singh. "C'est déjà arrivé et ça arrivera toujours. On reçoit sans mal des dénonciations de la part des familles". Il y aurait eu en tout 28 sacrifices déclarés dans l'état les quatre mois passés. Qautre prêtres ont été emprisonnés et de nombreux autres ont du fuir suite à cela. “Indian cult kills children for goddess : Holy men blamed for inciting dozens of deaths”, The Observer, Dan McDougall à Khurja, Inde, 5 mars 2006
  94. http ://ganapati. club. fr/dieux/shakti/mahavidya. html
  95. selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  96. 60% des indiens considèrent les castes socio-professionnelles comme importantes contre 40 % au moment de l'indépendance, sur le site des sciences humaines
  97. http ://www. jaia-bharati. org/histoire/tyran-castes. htm le mythe de la tyrannie des castes, par Meenakshi Jain, historien et professeur à l'Université de Delhi, article paru dans «The Indian Express» du 26 septembre 1990
  98. Alain DANIELOU déclare : «En Inde, malgré les efforts faits pour créer un prolétariat anonyme plus facilement exploitable, la grande majorité des gens restent attaché à sa caste, à son groupe social (... ), comme ailleurs les gens restent attachés à leur groupe religieux ou linguistique. Cependant ces groupes cœxistent plus difficilement aujourd'hui, faute d'une législation qui reconnaisse et protègent leurs droits et leurs privilèges. Les castes ont besoin les unes des autres et aucune société ne peut fonctionner si elles ne partagent pas le travail, ne se respectent pas mutuellement.» ; selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  99. Cette particularité de la société indienne, dispositif des castes qui permettait d'éviter les tyrannies excessives, dont la diversité était en quelque sorte constitutionnelle, avait été souligné par des philosophes comme Voltaire ou Diderot dans leur combat contre l'intolérance – l'intolérance monothéiste surtout. Il est évident que, dans la société indienne comme dans toute société, il se produit des abus. Ceux-ci ont été dans le passé particulièrement exagérément stigmatisés, par les puissances occupantes pour qui tout argument visant à dénigrer les valeurs de la société respectant les traditions indienne était bienvenue, et ont énormément augmenté depuis que les gouvernements successifs, musulmans puis chrétiens, ont voulu ignorer les castes et n'ont respecté les privilèges et les restrictions de chacune. Du fait que le dispositif des castes n'était pas reconnu par le pouvoir central, il est évident qu'il n'a pas su s'adapter aux conditions modernes comme il l'aurait fait s'il était resté livré à lui-même. Par contre, il n'y a jamais eu de problèmes dans les états princiers. Selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  100. L'abolition des castes, imposée théoriquement par le gouvernement du Congrès depuis l'indépendance de l'Inde, a en particulier eu pour effet de permettre à des individus appartenant à des castes privilégiées, de se saisir des métiers et des terres des plus humbles. C'est ainsi que des tribus sont dépossédées de leur territoire et réduites à la famine. Selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  101. Le dispositif hindou des castes, quels que soient ses défauts, a longtemps permis d'éviter les génocides, fait place à l'ensemble des minorités, l'ensemble des modes de vie, l'ensemble des religions. C'est pour avoir voulu, au nom de l'égalitarisme importé d'Occident, supprimer les privilèges des divers groupes ethniques, que l'Inde a connu récemment les guerres de religion, les conflits sociaux, le génocide des tribus. Pour rappel, les anciennes communautés juives, chrétiennes, parsies réfugiées en Inde mais aussi les groupes religieux autochtones, bouddhistes, jaïnes, sikhes, n'ont jamais connu de persécution. Il en est de même des peuples primitifs, toujours à l'âge de pierre, qui ont été miraculeusement protégés. L'attitude des nouveaux envahisseurs, musulmans puis chrétiens a été particulièrement différente. Leur esprit missionnaire est particulièrement contraire à la liberté d'opinion, de mœurs, de mode de vie, que l'institution des castes cherche à préserver ; selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  102. http ://www. templeganesh. fr/puja. htm
  103. Le monde hindou et le sexe. Symbolisme, attitudes, pratiques sur le site du CNRS
  104. Oh Terrifying Mother : Sexuality, Violence and Worship of the Goddess Kali (Terrifiante Mère, sexualité, violence dans le culte de la déesse Kali) Journal article par Alex Argenti-Pillen; Journal of the Royal Anthropological Institute, Vol. 10, 2004
  105. Voir aussi Dourgâ, déité qui porte de nombreuses armes dans ses représentations et dont l'aspect Bhairavi est "celle qui donne la mort"
  106. http ://www. jaia-bharati. org/livres/foi-into/preface. htm
  107. selon la civilisation des différences, Alain DANIELOU, éditions Kailash, les cahiers du mleccha, ISBN 2842680979
  108. http ://www. jaia-bharati. org/ayodhya/ayodhya-mh. htm
  109. http ://www. jaia-bharati. org/ayodhya/bblal-hindu. htm

Bibliographie

  • L'Homme et son Devenir selon le Vedântâ, de René Guénon, paru en 1925 aux Éditons Respectant les traditions (ISBN-2-67138-65-X).
  • Astavakra Gîtâ - Avadhuta Gîtâ (1951 et 1958), de Alexandra David-Néel, Éditions du Rocher (réedités en un seul volume en 1979).

Les Indianistes français

Quelques enseignants et maîtres spirituels indiens

Recherche sur Amazone (livres) :




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