Histoire du yoga

Depuis au moins trois mille ans avant notre ère, la technique d'émancipation du yoga s'est élaborée par le biais d'une chaîne ininterrompue de transmission de maître à élève, enrichie à chaque génération de la connaissance expérimentale de l'enseignant.



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Yoga

Historique

Article détaillé : yoga.
Y. S. 2-42 : Se contenter de ce qu'on a forme le plus haut degré du bonheur.

Depuis au moins trois mille ans avant notre ère, la technique d'émancipation du yoga s'est élaborée par le biais d'une chaîne ininterrompue de transmission de maître[1] à élève, enrichie à chaque génération de la connaissance expérimentale de l'enseignant. Ainsi, au fil des siècles se sont élaborées la technique et la philosophie du yoga.

Ce dispositif philosophique est exposé à travers un ouvrage de référence les Yoga-Sûtra (Y. S. ) [2], dont la rédaction est attribuée à Patañjali. L'yoga est avant tout une réalisation pratique (sadhana) obtenue par une ascèse engageant l'ensemble des forces du corps et de l'esprit[3] ; il s'apparente au Sâmkhya par l'ensemble des apports théoriques qu'il y puise.

Origines supposées

La vallée de l'Indus.

La civilisation de la vallée de l'Indus (-5000 à -1900), était une civilisation de l'Antiquité. Entre 1922 et 1927 à Mohenjo-Daro, des fouilles à grande échelle sont entamées. Parmi les nombreux cachets en stéatite découverts, certains représentent un homme assis à la façon des yogis et entouré d'animaux, ressemblant à un proto-Shiva en Pashupati.

Invasions

L'influence des Vedas, fondations de la philosophie yogique

Bhairava, Shiva sous sa forme terrifiante.
  • Vers-1000 : Durcissement du dispositif des castes, les yogis deviennent des hors-castes.
  • Vers-900 : Apparition des doctrines du karma et du Saṃsāra qui seront reprises dans les Yoga-Sûtra.

Différentes appellations des yogis
  • À Alexandrie, où 120 bateaux par an allaient aux Indes, Pantène, Clément, Origène parlent avec révérence de la philosophie des Brahmanes de l'Inde. Porphyre raconte le départ du philosophe Plotin pour les Indes. Lucien, Apulée, Tertulien, Jamblique et Bardesane parlent des "Yoguis"[6].
  • Al-Biruni, mort en 1048, a traduit en arabe les Yoga-Sûtra de Patañjali et rédigé que Yoga et Soufisme sont la même chose. A partir de là les Soufis de Perse comme Bistâmi ou Al-Ghazali, connaissent les Yogis et les chakras[6].
  • Au XIe siècle, Galianos traduit en grec la Bhagavad-Gita. Et on peut se demander si l'Hésychasme grec, ou prière du cœur, n'est pas déjà une première occidentalisation du yoga, comme la Kabbale d'Abulafia en 1275[6].
  • Dans le Livre des Merveilles rédigé en français en 1295, Marco Polo donne une description particulièrement exacte des Yogis (appelés Cuiguis), qui vivent tout nus, et même de la posture en équilibre sur la tête, sous le nom de Skiapodes (ceux qui vivent à l'ombre de leurs pieds) [6].
  • Les Portugais parlent des " iogues " (Albuquerque 1510, Castanheda 1553 dans son Histoire de l'Inde…) [6].
  • 1723 : à Amsterdam, le livre de Bernard Picart est illustré de gravures de " Jogiis " avec des postures et des exercices spectaculaires[6].

Les prémices en France

  • 1731 : les pères Calmette et Pons ramènent quelques pages des Védas qu'ils ont pu se procurer. Bien d'autres missionnaires et voyageurs rapportent des renseignements sur les " Jogiis " (Robert de Nobili, Abraham Roger, Joseph de Guignes, Poussines, Kirker, Raynal …). [6].
  • 1795 : fondation de l'Ecole des Langues Orientales[6].
  • 1815 la première chaire de sanskrit en France est ouverte au Collège de France pour M. de Chezy[6].
  • 1828 : Victor Cousin déclare en cours "la vraie sainteté c'est l'Ioga"[6].
  • 1848-1851 : première traduction du Rîg-Véda par Langlois[6].
  • 1852 : Barthélémy Saint-Hilaire traduit la Sâmkhya-kârikâ[6].
  • 1861 : traduction française de la Bhagavad-Gîtâ directement du sanscrit par Emile Burnouf[6].
  • 1867 : le Mahâ-Bhârata par Hippolyte Fauche[6].
  • 1891 : l'Atharva-Véda par Victor Henri[6].
  • 1900 : Emile Sénart traite de "Bouddhisme et Yoga"[6].
  • 1903 : " De l'entrainement physique dans les sectes yoguistes " Revue Anthropologique, sous le nom de "Murial Alex", pseudo d'Alexandra David-Neel[6].
  • Puis viennent les traducteurs : Bergaigne, Sylvain-Lévi, La Vallée-Poussin, Emile Sénart, Burnouf, Grousset, Paul Masson-Oursel, Louis Renou, A-M. Esnoul, Olivier Lacombe, Jean Marquès-Rivière, Alain Daniélou, Lilian Silburn, Tara Michæl, André Padoux, Alain Porte, Jean Papin, Michel Hulin[6].

Principales étapes jusqu'à nos jours

  • Vers -500 : Gautama Bouddha rejette alors titre et palais et débute une vie d'ascèse, suivant les enseignements de plusieurs ermites renonçants (sâdhu), et entreprend pendant six ans, des pratiques méditatives austères. Il faillit mourir d'abstinence et décida de trouver une autre voie : le Bouddhisme.
  • Vers -400 : les Yoga-Sûtra et la Bhagavad Gita sont rédigés, ils deviendront les textes de référence du yoga.
  • Vers -300 : La ferveur croissante pour Vishnou et Shiva donne naissance à plusieurs sectes d'yogis. Pour les Vishnouïtes la dévotion (Bhakti yoga) à Vishnou devient la pratique centrale. Pour les yogi shivaïtes, Shiva est la personnification de l'Absolu, le principe destructeur et en même temps régénérateur du monde, dispensateur de mort et de renaissance. Il est le commencement et la fin, l'yogi ascète et le luxurieux tantrique, la bonté et la fureur, l'alpha et l'oméga. Shiva est le feu intérieur (tapas) qui dévore les ascètes, le temps qui détruit et recrée le monde. Il est généralement représenté par un phallus stylisé, nommé shiva lingam, symbole de création quelquefois associé à la yoni, l'organe féminin, la matrice du monde.
  • vers 500 : Apparition du tantrisme. La ferveur populaire de l'époque est peut être à l'origine du passage théiste qui transparaît dans les Y. S. avec la proposition d'Ishvara comme modèle.
  • vers 800 : L'un des interprètes les plus connus du Vedânta, Shankara (788-820) peut être reconnu comme le philosophe, pionner et réformateur le plus marquant de l'hindouisme[7]. Shankara enseigne en effet un strict monisme selon lequel dualité ou multiplicité forment le voile qui masque la vérité, sont par conséquent une «illusion» (mâyâ). Le principe essentiel du monde (brahman) et le soi (âtman) sont pure unité[7].
  • vers 1000 : Ces thèmes seront repris et développés par l'école du Shivaïsme du Cachemire.

La renaissance du yoga au XXe siècle

qui complète ce que l'occident apporte sur le plan des sciences physiques
  • 1924 : Invité par le maharaja de Mysore, Sri Krishnamacharia fonde une école d'yoga qui va modéliser le Hatha-Yoga
tel qu'il est connu en Occident : T. K. V. Desikachar, son fils, prendra sa succession.
  • 1934 : Sri Krishnamacharia forme B. K. S. Iyengar, puis Pattabin Jois, qui à leur tour créeront leur propre institut.
  • 1950 : Progressivement des associations, puis des fédérations, se forment de par le monde.
  • 2005 : Le gouvernement indien met en place une cellule pour cataloguer la connaissance respectant les traditions,
et éviter une privatisation d'une connaissance appartenant au patrimoine humain[8].

Le yoga s'est lentement élaboré en s'imprégnant et en imprégnant ce qui l'entourait. L'hindouisme ne consiste pas en un dispositif monolithique, il s'agit en fait d'un émiettement de propositions pour cheminer vers l'Un, le Brahman. Tout autant une pratique de postures plus proche du stretching peut se satisfaire à elle-même, tout autant le pratiquant désireux d'approfondir l'yoga comprendra l'intérêt des larges emprunts à l'hindouisme.

Bibliographie
  • (fr) Camkaracarya, Le plus Beau Fleuron de la Discrimination : Viveka-Cuda-Mani, Ed. Jean Maisonneuve, 1998, 176p. ISBN 2720009857
  • (fr) Michel Mourre, Les religions et les philosophies de l'Asie, Ed. la table ronde, Paris, 1998, 464 p. ISBN 271030841X

Notes et références

  1. 65. …Et pour atteindre la resplendissante vérité du Soi, laquelle est recouverte par maya, et les effets de maya, on doit tout de même, se conformer aux instructions d'un Connaisseur de Brahman. S'adonner à la réflexion ainsi qu'à la méditation, et se garder avec soin de tout faux raisonnement. page 18, Camkaracarya, Viveka-Cuda-Mani, cf biblio infra
  2. Précisons que la mention par exemple : Y. S. 2-30, signifie : Yoga-Sûtra Chapitre II aphorisme 30
  3. abcd Pages 62, 63 & 123 Michel Mourre, ‘'Les religions et les philosophies de l'Asie'', cf biblio infra
  4. Page 171«C'est pourquoi l'Envoyé de Dieu a dit : Celui qui se connaît soi-même connaît son Seigneur… Dieu connaissable dans les choses (de ce monde)» Ces notions peuvent éclairer la notion d'Ishvara exposés dans le Y. S. Claude Addas, Ibn'Arabi, ou, La quête du soufre rouge, Ed. Gallimard, 1989, 407 p. ISBN 2070715043
  5. Trad. L. Renou, L'Inde classique, t. I, p. 279, (667 pages, Ed. Jean Maisonneuve 1990, Français, ISBN 2720010359)
  6. abcdefghijklmnopqr par Marc-Alain DESCAMPS, Histoire du yoga en Occident.
  7. ab Gerhard J. Bellinger, l'Encyclopédie des religions, ISBN 2253131113
  8. Pouvez-vous breveter la sagesse ?


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