Shingon

Shingon est une école bouddhiste vajrayâna japonaise, fondée au VIII e siècle par le moine Kūkai qui reçut le titre posthume de Kobo Daishi, le grand instructeur de la Loi.



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Vajrayâna - Bouddhisme japonais

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  • Le Shingon est le bouddhisme tantrique du japon, c'est le "Mikkyo" terme traduisant... Particulièrement présent dans la vie japonaise le Shingon compte plus de 12000... (source : buddhaline)
  • Shingon (?? ou ??, Shingon?) est une école bouddhiste vajrayâna... une seule vie»), qui définissent les fondements théoriques de la doctrine shingon, ... (source : fr.encarta.msn)
  • En France l'école Shingon est représenté au temple Kômyô-in (temple de la lumière pour la vie) dans le petit village de Villeuneuve les Genêts en Bourgogne.... (source : membres.lycos)
Kūkai, fondateur de l'école Shingon

Shingon (?? ou ???) est une école bouddhiste vajrayâna japonaise, fondée au VIIIe siècle par le moine Kūkai (??) qui reçut le titre posthume de Kobo Daishi, le grand instructeur de la Loi. Le nom veut dire «parole vraie»; c'est la traduction japonaise du mot sanscrit mantra qui sert à désigner la prière mystique en Inde.

Son parfait se résume dans la phrase «Sokushin-Jôboutsu», qui veut dire «devenir bouddha dans cette vie avec ce corps». C'est en purifiant le cœur de ses passions parasites, en cultivant modestie, simplicité, pureté, concentration qu'il devient envisageable d'exprimer avec naturel notre bouddhéité.

Le mental calmé, les peurs et les désirs laissés de côté, nous pouvons agir et créer avec spontanéité.

Théorie

L'enseignement du Shingon se réfère essentiellement à deux textes sacrés, le Kongôtchô-kyô (sanscrit : Vajrasekhara Sûtra) et le Daïnitchi-kyô (sanscrit : Mahâ-Vairocana Sûtra), rédigés vers le IIe siècle au monastère de Nalanda dans le nord de l'Inde. Cette école bouddhiste du yoga des trois mystères, le «traïguya-yoga», explique qu'il est envisageable de devenir Bouddha dès cette vie. Différentes écoles Shingon japonaises ont des points de vues différents des commentaires du fondateur Kūkai : les écoles traditionalistes (Kôgi shingon des temples de Koya san, Daigogi, etc) et les réformateurs (shingi shingon branches Buzan Ha et Chizan) des temples Hasédera et Chishakuin) mais pour bien appréhender ces différences de points de vues il est indispensable d'être un lettré japonais.

Ces enseignements affirment que la nature originelle de l'esprit de l'homme est pur, c'est le cœur de compassion, la «bodhi», dont l'essence est semblable à celle de l'Univers. Ce qui différencie les différentes écoles du Shingon c'est précisément les moyens d'appréhender cette ultime réalité. D'une façon générale : Si nous souffrons, c'est parce que nous nous attachons à ce qui est impermanent dans ce monde de la forme et du désir, que chacun conçoit ainsi selon ce qu'il est intérieurement. Les passions, regroupées sous le terme de triple poisons (la concupiscence, la colère et l'aveuglement) correspondent à des forces vitales nécessaires à la survie et au développement de tout organisme animal. Le désir et l'aversion structurent le moi et l'obligent à se peaufiner pour mieux arriver à ses fins matérielles. Ces «moyens alchimiques» pour utiliser ces «poisons» en énergies de réalisation spirituelle sont expliqués dans les seize chapitres du sutra Rish-è, textes de base du mikkyo du bouddhisme Shingon tandis que le texte de base de l'école Tendai (Hokké-kyo/sutra du Lotus) explique qu'avant d'avoir accès au mikkyo (Taimitsu des moines Ennin et de Chisho Daishi) des étapes sont nécessaires avec des voies différentes selon le karma de chacun. Durant de nombreuses vies passées, l'obligation de s'affirmer et de défendre son territoire, malgré et contre les autres, a développé une vision dualiste du monde qui a imprégné le subconscient de l'ensemble des êtres. C'est la principale cause de l'égarement, de la perte d'une vision plus globale de la vie, l'«inscience». C'est pourquoi dans le bouddhisme ordinaire, on conçoit que c'est par l'extinction des passions que peut être atteinte l'illumination, ce qui laisserait penser qu'il y a de bonnes et de mauvaises tendances dans l'être humain, ce qui aurait pour effet de le dualiser, de «diaboliser» sa sensualité. Il ne s'agit pas de renoncer à tous ses besoins, mais de spiritualiser sa vie, par exemple en mangeant avec un sentiment de reconnaissance vis-à-vis des êtres aux dépens desquels nous nous nourrissons. Ainsi, se nourrir devient une pratique spirituelle, parce qu'absorber de la nourriture revient à participer au processus de vie de l'univers.

Si d'un point de vue relatif, il reste exact que les passions sont source d'égarement et de souffrance ; dans le vajrayâna les passions sont reconnues en vérité absolue de la même nature que l'éveil (soku bodaïshin), car c'est cette même force vitale qui anime les êtres vers des désirs mondains qui va être transformée, sublimée par alchimie interne en énergie spirituelle de compassion-sagesse, dont l'essence est la nature ultime de l'univers et de l'ensemble des êtres. Celui qui exécute que le fond de son cœur, «bodhi», est le même que celui de l'ensemble des êtres, devient un avec le tout, il dissout son moi dans l'univers comme une goutte d'eau se dissout dans l'océan.

Les symboles du monde visible pour expliquer le monde spirituel

Le Shingon utilise la nature comme symbole pour expliquer le monde spirituel invisible considérant que la vie des êtres et de la nature est l'expression du Bouddha conçu dans son aspect Dharmakaya, la force de vie de l'univers. Cependant, le shingon n'est pas un panthéisme, il ne se «réduit» pas au culte des forces de la nature comme dans le shintoïsme. Lorsque on parle par exemple des cinq éléments ou du soleil, il s'agit d'états de conscience qui sont décrits ainsi.

Dans le Shingon, le Bouddha ultime symbolisant l'univers est nommé «Daïnitchi-Nyoraï» Maha Vairocana, le Bouddha grand soleil, car la lumière du soleil symbolise au mieux l'état de la conscience purifiée qui perçoit la vacuité. La lumière blanche est la synthèse et la source de l'ensemble des autres couleurs. C'est pourquoi il existe un Bouddha ultime qui rassemble l'ensemble des qualités des autres bouddhas et Bodhisattvas, qui sont l'expression de ses différents aspects.

Il s'agit par conséquent de faire fusionner son esprit avec «Daïnitchi-Nyoraï» par la pratique des trois mystères, qui sont le mystère du corps, de la parole, et de la pensée, c'est-à-dire effectuer simultanément un geste symbolique avec les mains, un mûdra, répéter un mantra et visualiser devant soi la forme de la divinité bouddhique en rapport.

Comme l'univers est particulièrement vaste, nous avons à développer diverses qualités de conscience pour nous y intégrer harmonieusement, elles sont les étapes qui amènent à l'éveil spirituel, samadhi. Ce processus d'éveil a été structuré sous la forme d'un diagramme mystique nommé mandala, comportant différents quartiers avec de nombreux bouddhas.

Un mandala est une carte d'anatomie spirituelle de l'homme expliquant comment pénétrer au sein de ses centres d'énergie (chakra). La méditation sur sa forme en répétant les mantras et effectuant les mûdras sert à se connecter avec le cœur des bouddhas et du maître qui a initié le pratiquant. Les deux grands mandalas du Shingon, le Kongôkaï (monde de la pensée) et le Taïzôkaï (monde des phénomès), regroupent ainsi de nombreuses divinités bouddhiques symbolisant différents niveaux de conscience. Disposées en plusieurs quartiers, expriment la compassion, douceur, d'autres l'intelligence, le discernement, d'autres toujours l'énergie, la force pour vaincre l'ensemble des aspects négatifs du subconscient.

La voie qui mène à l'éveil spirituel est par conséquent celle du développement de toutes nos potentialités, qui peuvent se regrouper en deux mondes, se complétant et s'enrichissant mutuellement. Le monde des idées, Kongôkaï (plan du vajra) et le monde de la sensibilité, Taïzôkaï (plan de la matrice).

Pour comprendre ce qu'il perçoit du monde, l'homme doit l'analyser et élaborer des concepts avec discernement. C'est pourquoi on symbolise par le vajra, le diamant qui coupe, le principe masculin de sagesse.

Cependant pour comprendre vraiment quelque chose il faut aussi le percevoir dans sa totalité au-delà des détails, sinon la théorie découverte pour l'expliquer peut être réductrice et fausse. Il faut par conséquent augmenter la sensibilité et le volume des perceptions, en faisant abstraction de ses a priori ou de ses théories antérieures, c'est-à-dire développer une ouverture intérieure vis à vis de l'autre, vis-à-vis de la vie, qui n'est envisageable que si le cœur est humble, doux, sans préjugé, compatissant, c'est le cœur de bodhi. Plus la compassion est grande, plus les perceptions deviennent fines, directes, immédiates, car on perçoit l'autre par fusion globalisante du cœur. Ce n'est pas par un raisonnement que la connaissance est obtenue, mais par l'intuition, c'est pourquoi on l'identifie au monde féminin de la matrice, le Taïzôkaï qui décrit la diversité de la vie, correspond aux cinq éléments : la terre, l'eau, le feu, l'air, l'éther. Le monde du Kongôkaï est le 6e élément, la conscience.

Développer et unir en soi ces deux mondes, deux polarités latentes en chacun de nous, féminine et masculine, intuitive et réflexive, active et méditative, c'est trouver l'équilibre intérieur. Pour atteindre l'éveil, il faut faire fusionner ces deux principes en soi.

C'est au cours de cérémonies d'onctions nommées «kanjô», que le maître l'acariya consacre l'eau pour transmettre directement l'essence de la connaissance et de la compassion du Kongôkaï et du Taïzôkaï. Transmission qui se fait de cœur à cœur.

Bibliographie

Michel Coquet, Shingon : Le bouddhisme tantrique japonais, Guy Tredaniel, 3 mai 2004 (ISBN 2844455239)

Matsumoto Jitsudo, Avec le Bouddha, 1 janvier 1990 (ISBN 2857072929)

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 27/08/2009.
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