Spiritualité

La spiritualité définit une aspiration personnelle ou collective, ou la totalité des croyances, pratiques et études qui ont trait à la nature principale de l'être vivant, à l'âme, à ce qui est en-deçà ou au-delà des besoins matériels ou des ambitions terrestres,...



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Définitions :

  • spirituel - Qui est de la nature de l'esprit, ou qui le concerne ; Qui a rapport à l'âme, à la conscience, par opposition à sensuel, charnel; Qui... (source : fr.wiktionary)
La nébuleuse Hélix, quelquefois nommée "Œil de Dieu"

La spiritualité définit une aspiration personnelle ou collective, ou la totalité des croyances, pratiques et études qui ont trait à la nature principale de l'être vivant, à l'âme, à ce qui est en-deçà ou au-delà des besoins matériels ou des ambitions terrestres, ou alors à la relation à Dieu dans le cas d'une spiritualité non athée.

La spiritualité est le plus souvent associée à une quête d'éternité et de sens en opposition à l'évanescence apparente du monde. Pour réaliser cet objectif, elle s'appuie quelquefois sur une ascèse pour libérer l'individu des attachements qui empêchent le progrès spirituel.

Vue d'ensemble

Chaque religion, courant ou tradition, est fondée sur une spiritualité propre. Il existe cependant des convergences au niveau essentiel de leurs motivations et de leurs manifestations.

Origine et perspectives

Bien que les traditions spirituelles se soient développées de façon fréquemment particulièrement normative (dans le cadre d'Églises établies, ou de rites respectant les traditions), l'aspiration spirituelle est antérieure aux religions historiques, liée à l'espoir d'une survie après la mort physique ainsi qu'à des rites propitiatoires proches du chamanisme (pour appeler une bonne chasse, de bonnes récoltes etc., voir les rites funéraires préhistoriques). Certains ont pu y lire un moyen de ne pas se confronter à la réalité de notre condition de mortels[1]; selon d'autres il révèle la mémoire intrinsèque de l'immortalité de l'âme[2].

La spiritualité a connu dans le monde contemporain des prolongements en philosophie (avec des courants de spiritualité laïque ou athée), mais également en psychologie, des thérapies l'intégrant dans leur champ.

La spiritualité se situe par conséquent sur un terrain où se rencontrent religions, philosophie, psychologie, dont les différentes approches sont fréquemment conflictuelles mais interagissent aussi.

Nature d'une expérience spirituelle

La spiritualité conduit à des démarches qui ne sont pas uniquement intellectuelles mais également mentales, émotionnelles et mystiques, cherchant à générer une expérience transcendante, une relation (selon l'une des étymologies de religion) avec Dieu, le Soi, la Conscience, l'Âme, le Monde, le Devenir etc. Pour certains, l'objectif de la spiritualité est l'éveil spirituel, l'accession à un état de conscience perfectionné et durable.

La liberté, le sens de la vie, l'amour, la paix, sont des problématiques de la quête spirituelle plus particulièrement en rapport avec l'expérience mystique.

Pratiques associées à la spiritualité

D'un point de vue plus concret, on remarque dans les différentes traditions un certain nombre de pratiques qui donnent corps à la spiritualité :

Certaines de ces activités sont solitaires, d'autres collectives, certaines se vivent dans la retraite (cellule, enclos monastique) et d'autres «à l'extérieur» (dans la société civile). Certaines sont contemplatives, d'autres plus pratiques. Le choix des activités et l'importance relative donnée à chacune sert à définir la «spiritualité» propre à chaque courant spirituel.

Toutes ces activités sont expressément définies et organisées quand l'expérience spirituelle est vécue au sein d'un monastère (ou son équivalent couvent, ashram, confrérie), les tâches domestiques étant alors aussi incluses dans le champ de la pratique spirituelle et par conséquent stipulées par la Règle monastique.

Spiritualité religieuse

La spiritualité religieuse se rapporte à l'aspiration à se «relier» (du latin religare, racine envisageable de religion). Il s'agit alors principalement de se relier à Dieu, au Divin, à une réalité transcendante[3]. Par extension, la religion est quelquefois ce qui tend à relier les hommes à la nature ou à l'univers.

Les principes religieux exposent les raisons et les méthodes de ce «lien» mais la religion peut produire des effets particulièrement opposés en conduisant l'humanité à la guerre ainsi qu'à la division[4].

Après avoir supplanté les spiritualités plus ou moins déstructurées du paganisme ou de l'animisme, la spiritualité religieuse s'est développée sans véritable concurrence pendant de nombreux siècles pour les chrétiens, jusqu'à la naissance des sectes chrétiennes (au sens de «branches nouvelles»), qui ont scindé les catholiques des protestants, puis de l'islam. Dans l'ensemble des pays où le christianisme n'était pas parvenu à s'imposer par la force ou l'évangélisation, les spiritualités locales ont continué à se développer.

Spiritualité non religieuse

La religion est une organisation collective tandis que la spiritualité est de plus en plus perçue comme un cheminement individuel. Selon certains sociologues, la spiritualité organisée des religions subirait actuellement l'effet de l'individualisme de l'époque contemporaine[5].

Depuis l'apparition de la philosophie, certains revendiquent leur spiritualité sans appartenir à aucune religion : ils expriment, par exemple, une prédilection pour l'humanisme (pouvant relever de l'athéisme ou non) [6].

À partir de la seconde moitié du XXe siècle se développent des approches spirituelles non religieuses, parmi lesquelles une mouvance qui se fait appeler spiritualité laïque[7]. La spiritualité laïque se présente comme une vision universelle de l'intuition spirituelle propre à chaque être humain, intuition qui peut être définie comme un ressenti d'unité avec la totalité et une vision d'un état d'être transcendant la matière. La spiritualité laïque se dit non dogmatique, non sectaire et ouverte au débat ainsi qu'à l'élaboration progressive d'une société plus unie et partageant des valeurs communes.

Le philosophe Vladimir Jankélévitch déterminait ainsi, suite à Bergson, les fondamentaux d'une spiritualité humaine.

En 2006, le philosophe André Comte-Sponville relance l'idée d'une spiritualité athée, autrement dit sans avoir recours à la croyance en Dieu ou en dieux, dans son ouvrage «L'Esprit de l'athéisme»[8].

Le bouddhisme exprimait déjà à son émergence le besoin d'une régénération de la spiritualité hors des dogmes des religions établies. Selon Matthieu Ricard, interprète français du 14e Dalaï Lama : «Très attaché à la notion de «spiritualité laïque»[9], le Dalaï-Lama déclare que «la religion est un choix personnel et que la moitié de l'humanité n'en pratique d'ailleurs aucune et qu'en revanche les valeurs d'amour, de tolérance, de compassion prônées par le bouddhisme concernent l'ensemble des humains, et cultiver ces valeurs n'a rien à voir avec le fait d'être croyant ou non»[9]

Le néo-paganisme du XXe siècle est une résurgence des croyances et pratiques, plus ou moins revisitées, qui précédaient le christianisme avant la fin du IVe siècle.

Spiritualité et psychothérapie

Lors de la naissance des premières psychothérapies (Freud, Jung), quelques psychanalystes en vinrent à conclure que certaines pathologies pouvaient ne pas trouver de résolution par l'analyse seule. Après avoir montré le rôle important de la société dans la névrose, l'analyse débouchait quelquefois sur des problèmes qualifiés de «spirituels». Certains psychanalystes, dont Jung, se tournèrent vers l'étude de pratiques issues de certaines religions respectant les traditions pour «guérir l'âme»[10].

Dans les doctrines comme le soufisme, le taoisme, l'hindouisme, le bouddhisme, l'être humain est reconnu comme souffrant du déséquilibre de ses émotions, de ses fixations mentales, de ses «mémoires» (vasanas et samskaras en sanscrit) [11] et du manque d'harmonie entre l'intellect, le corps et la parole. La «guérison spirituelle» est le plus souvent recherchée avec l'appui et l'encadrement d'un maître, d'un guide, dénommé lama, gourou ou cheykh selon les traditions. Au travers de la relation entre le disciple et le maître, ce dernier jouait quelquefois le rôle d'un thérapeute avant l'heure, proche du «patient» de la médecine moderne.

Cette approche spirituelle reste cependant limitée actuellement aux régions du monde où la relation de maître à disciple est acceptée. Dans les pays occidentaux et spécifiquement ceux où la laïcité est combative à l'égard du religieux, et où les institutions tendent à encadrer fortement les processus de soins et de thérapie, cette combinaison de la thérapie et de l'approche spirituelle (quelquefois nommée «psycho-spiritualité») demeure assez rare et est fréquemment jugée suspecte.

Références

  1. par exemple Henri Bergson dans Les Deux Sources de la morale et de la religion 1932
  2. Socrate, dans Le Ménon [1]
  3. «Un trait d'union entre l'homme et Dieu, comme entre membres de la même Église» [2]
  4. «Plus la religion relie, plus elle divise. Elle creuse un fossé entre croyants et incroyants, fidèles et infidèles, pieux et impies. En multipliant les obligations alimentaires ou vestimentaires, une religion crée l'uniforme entre les siens et le contraste avec les autres. Quand la différence n'est plus vivable, il n'y a que la guerre pour rétablir le droit d'autrui. Le lien religieux est , comme le nœud gordien, si serré qu'il faut le trancher pour le défaire. On peut amender une loi, modifier un contrat, ou alors organiser un divorce, on ne négocie pas une religion. Tous ceux qui l'ont tenté ont échoué.» Selon Odon VALLET, université Paris -VII, Petit lexique des idées fausses sur les religions, Albin Michel, 2002
  5. http ://sergecar. club. fr/cours/religio2. htm De la religion à la spiritualité, cours de philosophie
  6. Humanisme laïc et humanisme religieux
  7. Spiritualité Laique - Association Unisson
  8. L'Esprit de l'athéisme, Albin Michel, 2006. (ISBN 9782226172730)
  9. ab Interview de Mathieu Ricard
  10. «L'inconscient collectif est un concept empirique et opérationnel créé par Jung au contact des grands malades mentaux : l'histoire personnelle ne suffit pas à expliquer et comprendre la totalité des fonctionnements et contenus psychiques en jeu dans la pathologie mentale. Il existerait par conséquent des instances psychiques relevant de l'humanité plutôt que de l'individu.» in Elysabeth Leblanc, La psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, ED. Bernet-Danilot, Avril 2002
  11. «Le mental, les tendances, les vasanas, les samskaras redeviennent actifs et vous revoilà secoués, agités, poussés» Arnaud Desjardins dans Le Védanta et l'inconscient éditions de la Table Ronde

Bibliographie

Lien externe


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