Véda

Le Véda se révèle à l'audition de sages indiens appelés Rishi. Cette «connaissance révélée» se transmet oralement de brahmane à brahmane au sein du védisme, du brahmanisme, et de l'hindouisme jusqu'à nos jours.



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Le Véda (devanāgarī : ??? - sanskrit : «vision» et «connaissance») se révèle à l'audition (Shruti) de sages indiens appelés Rishi. Cette «connaissance révélée» se transmet oralement de brahmane à brahmane au sein du védisme, du brahmanisme, et de l'hindouisme jusqu'à nos jours. Les hindous pensent que le Véda est éternel et singulier.

Les premiers textes de la tradition védique s'écrivent entre 1800 et 1500 av. J. -C. et sont progressivement réunis en collections appelées Saṃhitā. Pour marquer l'unité du Véda qui se manifeste en une multiplicité d'écrits, la tradition hindoue appelle «Triple Véda» la totalité des trois premiers recueils de textes : un recueil de stances forme le Rig-Veda, un recueil de chants rituels le Sama-Veda, une collection de formules sacrificielles le Yajur-Veda. Une famille de brahmanes appelée Atharva donne son nom à l'Atharva-aṅgiras, livre de magie blanche et noire, qui est accepté comme constituant du Véda, sous le nom de Atharva-Veda, après une longue période de controverses.

Le passage du védisme au brahmanisme débute avec la rédaction des Brāhmaṇa, spéculations rituelles en prose. Et la transition du brahmanisme à l'hindouisme s'accompagne de la rédaction des Araṇyaka puis des Upaniṣad. La compilation de ces textes est attribuée au sage Vyāsa, et les parties les plus récentes des écritures du Véda dateraient de 500 av. J. -C. Ce corpus littéraire, un des plus anciens qu'on connaisse, est la base de la littérature indienne. Ces textes, qui traitent du rituel et de philosophie, contiennent des passages qu'étudieront l'astrologie et l'astronomie, pour tenter de dater ces rédigés.

La Shruti

Le mot Shruti (écrit ?????? en devanāgarī et transcrit śruti en IAST) est construit sur la racine sanscrite ŚRU- qui veut dire «écouter, entendre, apprendre»[1]. L'adjonction d'un suffixe -ti sert à construire un nom féminin signalant une action, śruti est littéralement une «audition» qui manifeste une «révélation»[2]. La Shruti révèle le Veda, l'écoute mène à la découverte et au savoir[3]. Cette Shruti est le fruit d'une cognition intuitive de la vérité éternelle[4] par des sages inspirés appelés Rishi (ṛṣi).

Les Rishi écoutent, et entendent le Rita[5], rythme du cosmos manifesté dans le cours régulier des étoiles (ṛ kṣa), la succession régulière des saisons (ṛ tu), la simplicité (ṛ jutā) d'une conduite droite et honnête (ṛ ju) qui mène à la prospérité (ṛ ddhi) ainsi qu'à la fécondité du mâle (ṛ ṣabh, signifiant aussi taureau). Cette fécondité et cette prospérité rendent les Rishi débiteurs (ṛ ṇī) d'une obligation (ṛ ṇa) nouvelle, celle de régulariser l'expression de leurs vœux en versets (ṛ cā) bien cadencés de chants védiques (rik, rig > rigveda). Ces strophes votives forment une arme (ṛ ṣṭi) puissante contre les forces du chaos et du désordre (la nirṛti, la non ṛta). La racine de tous ces mots est «»[6], un des rares lexèmes sanskrits sans consonne d'origine ni finale, pure roulante vocalique qui manifeste le pouvoir dynamique d'une «vibration universelle» sans commencement ni fin, ouverte, sans limites, impersonnelle, éternelle. Les Rishi entendirent le cosmos proférer de lui-même le son essentiel que développent ensuite les stances du Veda éternel[7] dont voici un exemple : «ô Soma, ô bienfaiteur puissant, uni à ta douce rosée, viens dans le sacrifice au milieu de ces richesses qui font ta gloire», premier verset d'une «hymne» au pouvoir de Soma, transmis par les sept Rishi Bharadwaja, Gasyapa, Gotama, Atri, Viswamitra, Djamadagni, et Vasishtha[8].

Ainsi, l'écoute perpétuelle (Shruti) de l'ordre éternel (Rita) permet aux Rishi[9] de connaître (Veda) cet ordre et de trouver (Veda) les moyens de l'exprimer en strophes (ṛ cā) rythmées, bien mesurées, qui se transmettent régulièrement de bouche à oreille jusqu'aux indiens d'aujourd'hui[10] et les dépassent, éternellement transmises aux générations hindouistes à venir car, «Pères d'une heureuse lignée, puissions-nous chanter longtemps toujours dans le sacrifice»[11].

Le Véda

Veda est un mot hérité du vieil-indien[12] passé ensuite dans la langue sanscrite, qui peut se traduire par «vision» ou «connaissance»[13]. Comme concept de la culture indienne archaïque, le Veda est une puissance agissante principale qui se manifeste dans l'intuition cognitive de l'ordre cosmique par des hommes inspirés[14]. La Weltanschauung de ces hommes s'apparente au monisme[15] ils ne conçoivent par conséquent aucune séparation au sein d'un monde unitaire, monde cyclique car sans commencement et sans fin, monde dynamique car ils perçoivent les phénomènes naturels et mentaux comme des manifestations de forces cachées numineuses[16]. En cohérence avec cette mentalité, les indiens de l'ensemble des temps considèrent aussi le Veda comme unique, dynamique, et incréé.

La coopération du Veda au cycles cosmiques autorise la culture indienne d'y accrocher les phases successives de son évolution. Le Veda est reconnu, dès l'origine, comme manifestation des régularités de l'ordre cosmique dans l'écoute attentive des sages essentiels (la Shruti des Rishi). Cette «écoute» marque l'apparition du védisme, pour lequel le rituel du yajña[17] est le «nombril» de la manifestation du Veda, centrée sur la vedi, une excavation superficielle recouverte d'herbe barhis[18]. Le Veda reste toujours cette force agissante singulière qui manifeste le fondement dynamique de l'univers.

Après les Sages Rishi essentiels, le védisme, le brahmanisme, puis l'hindouisme considèrent tous l'unicité et la perpétuité du Véda, manifesté dans l'expression de leurs vœux (vrata) qui fleurissent dans une grande variété de «poèmes» (rig) oralement transmis, que l'invention de l'écriture permettra de noter, puis de rassembler en un recueil de textes (saṃhitā) servant d'aide-mémoire, car seule la récitation consciente et correcte ainsi qu'à haute voix prend valeur de Véda. «Le mortel qui par le feu sacré, par l'invocation, par le Veda, par l'offrande, par les rites pieux, honore Agni, obtient des coursiers rapides et vainqueurs, et une gloire éclatante»[19] ainsi chante Sobhari, enfant de Canwa.

Lokamanya Bāl Gangādhar Tilak, dans son ouvrage Orion ou Recherches sur l'Antiquité des Védas rédigé en 1893[20] s'efforce, avec observations astronomiques tirées des Veda-saṃhitā, de démontrer, pour certains des «hymnes», une datation reculant d'au moins quatre mille ans, ou alors davantage.

Shruti et Smrti

Shruti et littérature sacrée

La littérature indienne classique comprend deux catégories de textes, les rédigés «sacrés» qu'elle rattache à la Shruti, écoute des manifestations du Veda, et les œuvres profanes nées de l'inventivité humaine, tranmises par la Smrti, la mémorisation.

La manifestation du Veda, transmise en premier lieu oralement, fut mise par rédigé dans différents recueils de textes védiques, les Saṃhitā. Les premiers traducteurs européens du Triple Véda le considèrent comme un ouvrage de poésie lyrique, et nomment «hymnes» les stances du Rig-Veda[21]. Pour la culture indienne, ces textes fondamentaux intègrent le Véda, «connaissance» absolue, qui s´exprime par le son essentiel de l'univers révélé aux Rishi, et le murmure produit par son activité modulé dans l'expression orale puis rédigée du contenu littéraire des Saṃhitā.

La multiplicité des Veda-saṃhitā et des textes «sacrés» qui s'intègrent ensuite progressivement au Veda incite certains érudits à nommer «les védas» les différentes Saṃhitā et les textes subséquents qui s'y rattachent, tels les Brahmana, les Aranyaka, les Upanishad.

Smrti et littérature profane

Article détaillé : Littérature indienne.

Prise au sens large, la mémorisation (Smrti) de textes «profanes» inclut différentes collections de Sutra, des textes explicatifs de techniques védiques aussi rédigés sous la forme de sutra, des traités légaux dits Dharmashastra, des textes éthiques dits Nitishastra, et des textes épiques tels le Mahabharata et le Ramayana[22].

Védisme

Article détaillé : Védisme.

Les trois premières collections, dont la totalité s'appelle Triple-Véda pour bien souligner l'unité du Veda[23], sont les stances védiques du Rig-Véda, les chants védiques du Sama-Véda, et les formules védiques sacrificielles du Yajur-Véda.

Triple Veda-samhita

Articles détaillés : Rig-Veda, Sama-Véda et Yajur-Véda.

Les Saṃhitā (devanagarī : ??????) du Triple Véda sont :

La Rigveda-saṃhitā (devanāgarī : ??????) contient des hymnes pour féliciter et appeler les devas. Le Rig-Véda est le recueil de base dont sont dérivés les autres Véda-samhitas. Il comporte 1028 hymnes répartis en 10462 stances, le premier étant dédié à Agni, protecteur du Rig-Véda. Ils forment un trésor poétique source d'inspiration de prières ou de récitations liturgiques.

La Sāmaveda-saṃhitā consiste essentiellement en stances tirées du Rig-Véda et adaptées à la récitation chantée. C'est un cantique avec des notations musicales et des indications de mélodies.

La Yajurveda-saṃhitā regroupe des formules en vers et en prose mêlés, directement affectés au culte et disposés dans l'ordre où elles sont utilisées lors des cérémonies de la liturgie.

Atharvaveda-samhita

Article détaillé : Atharva-Véda.

Le premier texte à intégrer le Véda après les trois Saṃhitā appelé Triple-Véda est l'Atharvaveda-saṃhitā, recueil de textes utiles au purohita- (protecteur, homme-médecin) mais non utilisés au cours du rituel des yajñâ (sacrifices védiques).

La Atharvaveda-saṃhitā contient des charmes magiques de longue vie, contre la maladie, la possession démoniaque, pour gagner l'amour d'autrui ou la richesse.

Bien plus tard, ce quatrième recueil, le Atharva-Véda (de «Atharva», nom d'une famille de prêtres) fut progressivement accepté comme intégrante du Véda.

La société védique

Article détaillé : Védisme.

Les Véda-samhitas permettent de connaître les bases de la culture des Aryens. Ils font référence aux ennemis des Aryens comme étant les Dâsas (esclaves), décrits comme noirs de peau (peut-être les Dravidiens). Les Aryens forment des monarchies tribales dirigées par le rajah (râja), terme apparenté au latin «rex». Il partage sa souveraineté avec deux conseils de tribu, la sabhâ et la samiti, qui participent à son élection. Il est assisté par un général (senâni) et un grand prêtre officiant (purohita) qui, par des sacrifices, assure la prospérité de la tribu et sa victoire à la guerre.

Dès l'âge védique se forment les quatre grandes divisions de la société aryenne (varna)  : les brahmanes (prêtres), les kshatriya (guerriers), les vaishya (paysans) et les sudra (serfs). La famille forme la cellule de base de la société, le village est souvent décrit comme le regroupement d'une lignée plutôt que comme un regroupement territorial.

La religion védique est une religion sociale et non individuelle. À l'âge de sept ans, le jeune garçon, élevé jusque-là par les femmes dans le gynécée, reçoit l'initiation (upanayana) et doit ensuite commencer à apprendre ses devoirs religieux. Un maître lui enseigne des rites en lui faisant répéter des formules, tout en relatant les mythes qui les expliquent. À dix-sept ans, tandis qu'il maîtrise le savoir religieux (Véda), il se marie. Les filles sont exclues de l'initiation.

La religion domestique comporte un certain nombre de rites obligatoires comme l'agnihotra, sacrifice quotidien qui consiste en une libation de lait fraîchement trait avant le lever du soleil, puis le soir. D'autres sacrifices concernent des victimes animales en de grandes occasions, qui sont mises à mort et leur chair, cuite selon des règles strictes, est consommée par les fidèles. On offre parallèlement des substances végétales, mais un autre groupe important de rites, réservé à une élite d'initiés, s'organise autour de la consommation d'un breuvage sacré, le Soma (obtenu à partir d'une plante, toujours indéfinie actuellement).

Brahmanisme

Article détaillé : Brahmanisme.

Après une période d'écoute (la Shruti des Rishis), suivie d'une période de découverte de la puissance cosmique principale manifestée dans le rituel védique (première forme du Veda), naît une période d'intelligence spéculative qui mène les brahmanes à réfléchir sur l'importance d'un pouvoir affermissant essentiel (le brahman) [24].

Brāhmana

Par leurs interprétations du brahman, les brahmanes tentent d'expliquer les spécificités rituelles du yajña, le sacrifice védique, manifestées dans les stances (Rik) proclamées par l'officiant hotar, dans les mélodies (Sama) chantées par l'officiant udgatar, et dans les formules variées (Yajus) utilisées par l'officiant adhvaryu. Le fruit de leurs recherches est consigné dans un ensemble d'écrits appelés Brāhmana (????????), dont l'écriture s'étale entre le dixième et le septième siècle avant l'ère courante.

Ce sont des commentaires en prose du Triple-Véda. Ceux relatifs à la Rigveda-samhita sont les Aitareya-brahmana et Kausitaki-brahmana. Ceux qui concernent la Samaveda-samhita sont les Pañcavimsha-brahmana et Jaiminiya-brahmana. Ceux qui s'attachent à commenter la Yajurveda-samhita sont les Taittiriya-brahmana et Shatapatha-brahmana, et certaines parties en prose de la Yajurveda-samhita, initiatrices de ce nouveau mode de pensée de l'Inde ancienne.

Plusieurs branches (shakha) de brahmanes différentes conservent des Veda-samhita et les Brahmana qui leur sont relatives comme un trésor de famille. Ces branches (shakha) s'appellent Aitareya, Kausitaki, Jaiminiya, Taittiriya. Les Shatapatha-brahmana connaissent deux recensions, celle de la shakha des Kanviya et celle des Mandhyandina.

Le contenu des Brahmana présente des explications et des étymologies préscientifiques, des combinaisons numériques, diverses classifications entrecoupées de mythes et fables anciennes, qui tentent de justifier l'ensemble des détails du rituel védique[25].

Sutra

La littérature du brahmanisme complète ensuite les Brahmana par des recueils de sûtra. La tradition indienne considère ces textes comme produits de la mémorisation humaine (Smrti) et non comme émanations de l'écoute du Véda (Shruti) exception faite des Shrautasûtra.

Les Shrautasûtra et spécifiquement les Latyayana-shrautasûtra contiennent les plus anciens sûtra de cette tradition, conçus pour guider les officiants dans l'exécution la plus juste des modalités du rite védique.

Les Grihyasûtra commentent l'activité du purohita, guérisseur du rajah père de famille. Ces sûtra ne concernent par conséquent pas le rituel du sacrifice yajña. Des recensions remarquables de grihyasûtra sont celles des lignées brahmaniques Apastambiya, Ashvalayana, Baudhayana, Gobhila, Hiranyakesi, Paraskara, et Shankhayana[26].

Les Kausika-sûtra intègrent l'Atharvaveda-samhita et contiennent deux catégories d'explications, celles relatives au rituel domestique (Grihya) et celles relatives aux rites magiques[27].

Hindouisme

Article détaillé : Hindouisme.

L'hindouisme conçoit progressivement les devas comme des personnes, qu'il n'hésite pas à représenter par l'iconographie jusque là inconnue, et culmine dans la bhakti par laquelle le Veda se manifeste dans la relation éminente nouée entre le roi Arjuna et son cocher Krishna[28].

Différents textes s'ajoutent ensuite au premier corpus de textes védiques, les Āranyaka et les Upanishad qui marquent la transition du védisme à l'hindouisme, et sont reconnus par chaque nouvelle couche culturelle comme intégrant le Véda, unique et éternel.

Aranyaka

Les Āranyaka (??????), contiennent les explications ésotériques et mystiques des mantra.

Le ritualisme cesse progressivement d'être l'unique souci des brahmanes, il semble ne pas satisfaire leur psychisme en quête d'explications philosophiques plus profondes. Certains d'entre eux se retirent dans les forêts pour méditer. Et pour écrire dans les «livres de la forêt» (Aranyaka) un savoir ésotérique reconnu dangereux pour les tenants du rituel védique respectant les traditions. Ces rédigés forment la transition entre le brahmanisme et l'hindouisme ancien.

Upanishad

Article détaillé : Upanishad.

Les Upanishad (???????), contiennent des écritures philosophiques et métaphysiques traitant de la nature et du rapport l'âme (atman) à l'esprit suprême Brahman.

Chaque Véda-samhita s'élargit progressivement en divers livres de loi et manuels rituels qui dépendent de lui : le Dharmashastras, Grihyasutras, etc., mais la majorité des érudits ne les considèrent pas comme partie intégrante de la littérature issue de la Shruti ou de Véda en prose. Ils rattachent ces rédigés à la mémorisation (Smrti) de sciences humaines «profanes».

Transition du védisme à l'hindouisme

  • Le védisme utilise un ensemble de notions exprimées par des mots que l'hindouisme recevra en héritage, qu'il «remplira» de conceptions nouvelles et inconnues des anciens arya.
  • Le védisme ne s'est pas encore découvert une vie spirituelle intérieure (bhakti), il extériorise en r. câ des appels (évocatifs) aux pouvoirs de la régularité (rita).
    L'hindouisme utilise les versets (ricâ) comme mantra servant aux intérioriser. «La connaissance doit être dite uniquement par celui qui sait, à celui qui s'est présenté comme il convient et qui est habilité à entendre» Shankara (Prasna Upanishad 6-1).
  • Le védisme ne connait d'autres auteurs aux Védas que les sept rishi respectant les traditions.
    L'hindouisme attribue la rédaction des textes anciens à Vyâsa (l'action diffusante) à qui on assigne aussi la rédaction de l'épopée Mahâbhârata.
  • Pour le védisme, le deva est littéralement l'action brillante, lumineuse, d'un des pouvoirs imprévisibles du rita (DIV veut dire illuminer comme le jour, mais également jouer aux dés, et deva est l'action de DIV). Les puissances agissantes sont grammaticalement appelées au masculin ou au féminin, mais ne sont pas des «déesses» comme Junon ou Vénus chez les Romains.
    L'hindouisme considèrant un deva comme une «divinité» sera une nouveauté hindouiste.
  • Dans le védisme, le brahman est cette énergie du rita dont la fonction est de fonder l'ordre, de le fixer, et non une personne ou une chose.
    L'hindouisme intègre Brahmâ au sein d'une trimûrti (Brahmâ, Vishnou, Shiva).
  • Dans le védisme, les dévas forment une véritable société. Agni était le prêtre actuel. Mitra symbolise l'alliance entre les hommes et les demi-dieux, et Varuna, le châtiment que méritent ceux qui la rompent. Ils sont assistés d'Aryaman et de Bhaga. Mitra garde la lumière, Varuna préside à la nuit. Indra détient la fonction guerrière.
    Dans l'hindouisme, le panthéon se compose de trois divinités prédominantes : Mitra, Varuna et Indra mais la tradition dit qu'il y a 33 millions de divinités en tout [29]. Les dévas de la production des richesses et de la prospérité sont particulièrement populaires : en effet Shiva, son fils Ganesh, son épouse Durga ou encore Shri Laksmi, la divine Mère universelle sont fort adorés pour la fortune matérielle et pour le plaisir de sens qu'ils accordent. Ils sont généralement liés à la production de la lumière, comme les Ashvins, cavaliers du ciel jumeaux qui paraissent à l'aurore.

Ces différences ne sont pas des oppositions mais le résultat d'une lente évolution des mentalités en Inde. Védisme, brahmanisme et hindouisme considèrent tous que le Véda est unique et éternel, mais que ses manifestations au cours du cycle cosmique prend un nombre illimité de nuances.

Notes et références

  1. Stchoupak & Nitti & Renou, Dictionnaire sanskrit-français, page 743.
  2. Jean Varenne, Grammaire du sanskrit, page 38, traduit śruti par révélation.
  3. Jean Varenne, opus citatum, page 127 : le thème nominal indo-aryen veda, passé tel quel en sanskrit, ajoute une voyelle thématique -a à la racine VID transformée en VED par alternance vocalique : VID > VED > veda. Le lexème VID donne aussi deux thèmes verbaux différenciés mais de sens complémentaires : VID > VED > VET > vetti (il sait) et VID > VIND > vindati (il trouve : hij vindt en néerlandais, he finds en anglais. Veda peut se traduire «savoir» ou «trouvaille» (on nommera «trouvères» certains poètes du moyen-âge) ou «découverte».
  4. Jan Gonda, Veda e antico induismo, page 156 : «Gli Śrauta sûtra pretendono di essere basati sulla shruti, cioè sull'«ascolto» della verità eterna nella preistoria da parte di saggi ispirati».
  5. Jan Gonda, opus citatum, page 81 : «... del ṛta, cioè la manifestatione prima e più importante della struttura armonica dell'universo».
  6. Stchoupak & Nitti & Renou, op. cit. , pages 163 et 164.
  7. Charles S. J. White, professeur de philosophie et de religion (The American University), in The Perennial Dictionary of World Religions (Abingdon) , page 623.
  8. Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, (RV 7, 2, 3, verset 1), page 482.
  9. la mentalité des Rishi n'a pas encore découvert les notions de Deus, ou d'Esprit, ou de transcendance, car leur pensée moniste ne crée aucune division dans leur monde (pas même celle des castes, invention ultérieure elle aussi).
  10. Jan Gonda, op. cit. , page 41 : «è stato tramandato molto a lungo solo oralmente nelle «scuole» dei brahmani».
  11. Alexandre Langlois, op. cit. , (RV 2, 8, 7, verset 3 partim), page 191
  12. A. Z. Caland, Altindisches Zauberritual, Amsterdam 1900.
  13. Maurice Blondel, dans le Vocabulaire technique et critique de la philosophie de André Lalande, page 171, dit : «Connaître et connaissance changent en particulier de croire et croyance en ce que ces derniers termes impliquent que le motif de l'adhésion ne réside pas dans la clarté directe et intrinsèque de l'objet reconnu».
  14. Jan Gonda, Le religioni dell'India, 1. Veda e antico induismo, page 41.
  15. Jan Gonda, opus citatum, page 265 : «non dobbiamo dimenticare que le tendenze monistiche cominciarono a manifestarsi in qualche modo già presto».
  16. Rudolf Otto, Le Sacré.
  17. le «sacrifice» védique.
  18. Jan Gonda, op. cit. , page 196, «osservazioni generali sul rituale srauta»
  19. Alexandre Langlois, op. cit. , (RV 6, 1, 8, versets 5 & 6), page 412.
  20. voir bibliographie.
  21. Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, éditions Jean Maisonneuve, Paris 1872.
  22. James S. Bare, article Smrti dans The Perennial Dictionary of World Religions (Abingdon) , page 696.
  23. manifesté au travers d'une grande variété de traditions et de textes véhiculés successivement par les rishi, les arya (aR-ya né du R. , de l'ordre), les brahmanes, les hindous médiévaux, puis ceux de l'ère internet.
  24. James Helfer, de l'Université Wesleyan (USA), dans The Perennial Dictionary of World Religions (Abingdon) , pages 117 et 118.
  25. Jan Gonda, Inleiding tot het Indische Denken, Antwerpen 1948.
  26. Jan Gonda, op. cit. , pages 17 à 19.
  27. Wilhelm Caland, Altindisches Zauberritual, Amsterdam 1900.
  28. A. C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, La Bhagavad-gîtâ telle qu'elle est.
  29. «Pour ne pas dire qu'ils sont en nombre illimité, ou indéfini, on dit qu'ils sont 33 millions ou 330 millions» [1]

Bibliographie

  • Jean Varenne, Le Véda, Les Deux Océans, réédition 2003, ISBN 2-86681-010-4
  • Lokamanya Bâl Gangâdhar Tilak, Orion ou Recherches sur l'Antiquité des Védas (original rédigé en 1893), 240 pages, Éditions Archè, Milan 1989, distributeur français : Les Belles Lettres.
  • Gerhard J. Bellinger, Knaurs Grosser Religions Führer, 1986, traduction française préfacée par Pierre Chaunu sous le titre Encyclopédie des religions, 804 pages, Librairie Générale Française, Paris 2000, Le Livre de Poche, ISBN 2253131113
  • Kreith Crim, General Editor, The Perennial Dictionary of World Religions, originally published as Abingdon Dictionary of Living Religions, 830 pages, Harpers and Row, Publishers, San Francisco, 1981, ISBN 9780060616137
  • Jan Gonda, Die Religionen Indiens, Band 1 : Veda und älterer Hinduismus, 1960, traduction italienne de Carlo Danna sous le titre Le religioni dell'India : Veda e antico induismo, 514 pages, Jaca Book, Milano, 1980 ISBN
  • Jan Gonda, Védisme et hindouisme ancien. Traduit de l'allemand par L. Jospin, 432 pages, Payot, Paris 1962, ISBN (épuisé en français)
  • Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, 646 pages, Maisonneuve et Cie, 1872, réédité par la Librairie d'Amérique et d'Orient Jean Maisonneuve, Paris 1984, ISBN 2720010294

Voir aussi


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